James Bond
James Bond
1 393
pages

"Regardez ! La guerre a toujours été la principale occupation de l'Homme. Les imbéciles disent que les plus nobles conquêtes de l'Homme sont la roue et l'alphabet. Moi, je dis que c'est la machine de guerre et la poudre à canon."
― Brad Whitaker à Leonid Pushkin[src]

Brad Whitaker est fasciné depuis toujours par "la machine de guerre et la poudre à canon", raison pour laquelle il semblait prédestiné à une carrière prolifique dans l'armée américaine. Au lieu de cela, il a été renvoyé de l'académie militaire de West Point pour fraude et a vécu sa seule expérience réelle sur le terrain en travaillant brièvement comme mercenaire au Congo belge. Whitaker s'est ensuite associé à divers syndicats du crime qui ont financé ses premiers trafic d'armes. Le contrebandier tente désormais de renier ce passé embarrassant en prétendant qu'il s'agit de "mensonges propagés par ses concurrents".

Ayant fait fortune avec ses transactions illicites, Whitaker s'est acheté une villa à Tanger, au Maroc, et s'adonne depuis à sa passion pour la guerre, portant en permanence l'uniforme d'un général cinq étoiles et ayant fait de sa demeure un parc d'attractions dédié à l'histoire militaire. Ce musée comporte des champs de bataille miniatures high-tech avec des figurines de cire et des options automatisées avec lesquels Whitaker s'amuse à recréer divers conflits historiques, comme les batailles d'Agincourt, de Waterloo et de Gettysburg, en les menant comme il l'aurait fait à la place des dirigeants réels. Sa demeure comporte aussi une succession de sculptures à l'effigie des chefs militaires les plus célèbres et impitoyables de l'Histoire, notamment Adolf Hitler, Jules César, Napoléon Bonaparte, Gengis Khan, Oliver Cromwell, Attila ou encore Alexandre le Grand, des statues qui ont toutes le visage de Whitaker lui-même. Le général autoproclamé tient ces personnalités en haute estime et les voit comme "des chirurgiens qui enlèvent les chaires mortes de la civilisation". Cependant, en accord avec ses rêves de grandeur, Whitaker fomente des machinations toujours plus audacieuses qui pourraient impacter les conflits en cours.

Présomptueux et excentrique, Brad Whitaker se voit comme un grand conquérant capable de changer le cours de l'Histoire malgré l'échec de sa carrière militaire. Il est prêt à saisir la moindre opportunité qui lui permettrait de faire du profit et d'obtenir toujours plus de gadgets pour son repaire. Son objectif ultime est de former l'armée privée la plus grande et la plus puissante du monde. L'attitude pétulante et joviale de Whitaker lui donne l'allure d'un grand enfant voyant les armes comme des jouets, même s'il peut se montrer véritablement cordial envers ses alliés comme ses ennemis. Dans le fond, c'est un homme d'affaires belliqueux, un stratège qui refuse d'abandonner une bataille sans combattre, même si ladite bataille semble être perdue d'avance, et il estime que les sacrifices humains sont un tribut nécessaire pour remporter un conflit.

Dans le film[]

Contexte et plan[]

En pleine guerre soviéto-afghane (1979-1989), Brad Whitaker s'est associé au général perfide du KGB Georgi Koskov ; les deux hommes comptent acheter une importante cargaison d'opium à la confrérie des guépards des neiges en Afghanistan contre un acompte de 500 000 000 $ en diamants qu'ils ont obtenu lors d'une transaction avec les Soviétiques. Ainsi, en plus d'approvisionner l'armée russe en armes, Whitaker et Koskov projettent de revendre la drogue aux États-Unis à des prix faramineux pour tirer d'énormes profits.

Afin de dissimuler leurs intentions, les deux stratèges tentent de monter les gouvernements britanniques et soviétiques l'un contre l'autre en faisant croire aux services secrets de Sa Majesté que le nouveau chef du KGB, Leonid Pushkin, a relancé une opération datant du règne de Staline visant à tuer des agents britanniques et américains, et ont eux-mêmes fait assassiner un espion britannique pour motiver le MI6 à liquider Pushkin. Néanmoins, Whitaker ne se doute pas que son alliance avec les communistes a attiré l'attention de la CIA et qu'il est activement surveillé par un de leurs agents, Felix Leiter.

Conflit avec Pushkin[]

"Mon argent dans deux jours où vous vous retrouverez sur la paille pour l'éternité et Georgi Koskov aussi. Je ne sais pas ce que vous fricotez ensemble mais c'est terminé, est-ce tout-à-fait clair ?"
― Leonid Pushkin menaçant Brad Whitaker.[src]
Whitaker fomentant un plan avec Koskov et Necros.

Whitaker fomentant un plan avec Koskov et Necros.

De plus, les choses prennent une autre tournure lorsque Pushkin rend une visite impromptue à Whitaker dans sa villa pour annuler l'accord que le trafiquant a conclu avec les Soviétiques. La raison de cela est que l'acompte versé à l'Américain est bloqué sur son compte bancaire suisse depuis deux mois. Lorsque Whitaker s'insurge, Pushkin lui rappelle l'échec de sa carrière militaire et exige d'être remboursé dans les deux jours. Renfrogné, le "général" reçoit plus tard Koskov et leur sbire Necros durant son déjeuner et les conspirateurs conviennent de faire tuer un autre agent britannique pour pousser le meilleur élément du service, James Bond, à supprimer Pushkin.

Lorsque le chef du KGB semble mort, Whitaker et ses associés fêtent leur "succès" et le mercenaire manipule ensuite Kara Milovy, la petite-amie de Koskov dont 007 s'est rapproché, pour qu'elle les aide à enlever l’espion anglais, Koskov voulant emprisonner le couple dans une base aérienne soviétique en Afghanistan pour avoir "tué" Pushkin.

Duel final et mort[]

James Bond: "Je suis venu capturer Koskov."
Whitaker: "Je vous en fait cadeau de celui-là, dès que j'aurais mon opium. Où il est ?"
James Bond: "Parti en fumée."
Whitaker: "Un demi-milliard de dollars brûlé ? [Bond acquiesce] Ça, c'est dommage. Vous auriez pu vivre riche comme Crésus au lieu de mourir pauvre comme Job."
―James Bond et Brad Whitaker[src]

Ayant échappé à l'emprisonnement, Bond et Kara parviennent finalement à saboter le trafic d'opium, faisant partir en fumée les profits de Whitaker. Une fois chose faite, 007 se rend à Tanger et s'infiltre dans la villa du contrebandier avec l'aide de Felix Leiter pour arrêter les commanditaires du plan.

Whitaker étant confronté par Bond.

Whitaker étant confronté par Bond.

Lorsque Bond le confronte, Whitaker reste parfaitement serein alors qu'il rejoue la bataille de Waterloo. Dans sa nature affable, il déclare être prêt à livrer Koskov en échange de l'opium. Toutefois, il change d'attitude lorsque James lui apprend ce qui est arrivé à sa drogue et engage le commander dans un duel armé, affrontant celui-ci avec ses armes high-tech, dont une mitrailleuse légère à 80 coups avec bouclier balistique intégré, contre lequel Bond épuise les huit balles de son Walther PPK. Lançant une offensive, Whitaker repousse son ennemi jusqu'à l'autre bout de son salon, où 007 dépose un porte-clés explosif sur le buste du duc de Wellington derrière lequel il est à couvert. La détonation du gadget renverse le buste sur Whitaker, écrasant l'antagoniste à mort sur la vitrine du champ de bataille de Waterloo.

Quelques secondes plus tard, le sergent Stagg, lieutenant de Whitaker, est abattu par les forces de Pushkin en essayant de venger la mort du "grand chef", alors que Koskov est arrêté par les hommes du chef du KGB après avoir lâchement tenté d'attribuer l'entière responsabilité du complot à Whitaker.

Employés et associés[]

Production[]

Brad Whitaker est l'antagoniste principal (au même titre que Georgi Koskov) dans le film de James Bond de 1987 Tuer n'est pas jouer, le quinzième volet de la série d'EON Productions. Il a été interprété par le regretté acteur américain Joe Don Baker et a été doublé dans la version française par le regretté Jacques Ferrière. Baker a également joué l'agent de la CIA Jack Wade dans GoldenEye (1995) et Demain ne meurt jamais (1997). C'est donc le deuxième acteur à incarner à la fois un allié et un antagoniste principal de James Bond après Charles Gray, qui a joué l’allié Dikko Henderson dans On ne vit que deux fois (1967) et le méchant Blofeld dans Les diamants sont éternels (1971).

L'acteur américain Lee Van Cleef aurait été pressenti pour le rôle[1] mais Joe Don Baker était l'un des favoris des producteurs depuis son apparition dans la série acclamée Edge of Darkness[2], réalisée par Martin Campbell, qui sera plus tard associé à la saga. Baker a expliqué sa démarche comme suit : "Mon travail consiste à créer le personnage et à le rendre vraiment dangereux mais crédible. Le truc quand on joue un méchant, c'est de s'asseoir et de penser à toutes les choses horribles que l'on pourrait être"[2].

Images[]

Notes[]

  • Bien qu'il soit l'un des antagonistes principaux, Whitaker n'apparaît qu’environ 7 minutes à l'écran, l'intrigue étant plus centrée sur les investigations de Bond sur Koskov et sa relation avec Kara Milovy.
  • Whitaker a peut-être été inspiré par Edwin P. Wilson et Frank Terpil, deux trafiquants américains d'armes à feu qui se sont fait connaître au début des années 1980 pour avoir vendu des armes à la Libye et à la Palestine respectivement. Terpil a été le sujet d'un documentaire de 1982 qui a remporté un Emmy Award pour le meilleur documentaire d'investigation. En outre, les deux hommes ont été mentionnés à nouveau dans la presse au début de l'année 1986 car on les soupçonnait d'être liés aux bombardements de la Libye par les États-Unis, puisqu'ils avaient vendu des armes aux Libyens.
  • Il parle avec l'accent texan réel de Joe Don Baker, ce qui implique qu'il est originaire de cette région.
  • Whitaker partage des similitudes avec Francisco Scaramanga de L'homme au pistolet d'or (1974) : ce sont tous deux des riches malfrats obsédés par les armes à feu, associé à un pays communiste ainsi qu'au KGB et vivant dans un repaire sophistiqué avec une vaste collection d'armes et des mannequins. Ils ont tous deux une attitude enfantine mais sont d'un autre côté véritablement affable avec leurs vis-à-vis. Enfin, Whitaker et Scaramanga étaient tous deux arrogants et ont défié Bond à un duel décisif avec la certitude de pouvoir tuer le super espion.
  • La phrase "Bon, vous avez tiré vos huit coups, à moi de tirer mes quatre-vingt" que Whitaker prononce à l'adresse de Bond durant leur duel rappelle les derniers mots de 007 avant d'abattre de sang-froid l'homme de main R.J. Dent dans James Bond 007 contre Dr. No (1962). Bond a également fait une remarque similaire avant de tuer Karl Stromberg dans L'espion qui m'aimait (1977).

Références[]

  1. https://screenrant.com/007-actors-almost-cast-as-bond-villains/
  2. 2,0 et 2,1 Field, Matthew; Chowdhury, Ajay (2015). Some Kind of Hero : 007 : the Remarkable Story of the James Bond Films. Stroud, Gloucestershire : The History Press Ltd. ISBN 0750964219. OCLC 930556527.

Voir aussi[]