James Bond
James Bond
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"Le général Gogol est présomptueux. Il exprime son vieux rêve et celui de tous les autres timorés qui s'accrochent à l'irréalisme de cette politique. Est-ce que je dois vous rappeler à vous, le comité, notre terrible, notre immense supériorité sur les forces de l'OTAN avant de bêtement leur en faire cadeau ?"
― Le général Orlov critiquant la nature pacifiste de la politique soviétique.[src]

Le général Orlov est un dirigeant corrompu des forces armées soviétiques. Malgré sa carrière militaire lucrative qui lui a valu diverses décorations, il a progressivement été abandonné par ses frères d'armes au fur et à mesure du déroulement de la guerre froide, car ses convictions politiques néfastes vont à l'encontre de celles de sa mère patrie. En effet, alors que ses camarades, notamment le général Gogol du KGB, souhaitent faire et maintenir la paix avec l'Ouest, Orlov est un partisan du communisme qui méprise les superpuissances occidentales et projette de lancer une invasion à grande échelle en Europe. Il est persuadé que le Pacte de Varsovie confère à l'URSS un avantage décisif sur l'OTAN en matière de force militaire conventionnelle et que ses supérieurs gâchent cette puissance par leur politique de détente.

En sachant que l'Union soviétique des années 1980 s'opposera à son ambition de réchauffer la guerre froide, Orlov conspire avec Kamal Khan, un prince afghan en exil en Inde, pour faire exploser une ogive nucléaire sur une base aérienne américaine à Feldstadt, en Allemagne de l'Ouest. Les effets de la bombe seraient identiques à ceux des bombes atomiques américaines et l'explosion pourrait ainsi passer pour un accident (car une frappe nucléaire déclencherait les systèmes d'alerte précoce de l'armée de l'air), ce qui entraînerait un désarmement nucléaire à l'Ouest et à l'Est. L'OTAN se verrait donc obligée d'ouvrir ses frontières, permettant aux troupes de l'Armée rouge sous le commandement d'Orlov en Allemagne de l'Est et en Tchécoslovaquie d'envahir l'Europe occidentale. Afin de financer cette opération, Orlov et Khan dirigent un vaste réseau de contrebande de bijoux volés au Kremlin et remplacés par des contrefaçons créées par le faussaire Lenkin. Les deux hommes se sont également associés à la riche femme d'affaires Octopussy et utilisent son cirque itinérant non seulement pour transporter leurs joyaux mais également pour introduire la bombe à Feldstadt, où elle est censée exploser lors d'une représentation du cirque, tuant leur collaboratrice et des milliers d'innocents.

Le général Orlov est un homme rusé et calculateur que la soif de pouvoir et de conquête rend irrationnel. Sa haute position dans l'armée soviétique lui permet d'avoir de nombreux détachements de soldats à ses ordres et il dispose aussi de voitures et d'hélicoptères déployés selon son bon vouloir. En outre, Orlov est agressif, colérique et impatient de pouvoir envahir l'Europe et de permettre à sa mère patrie de retrouver sa suprématie d'antan, n'hésitant pas à défier ses pairs pour tenter d'obtenir ce qu'il veut. Un véritable criminel de guerre, il est également cupide, égocentrique, psychotique et dérangé et ne se soucie absolument pas des nombreuses victimes qui seront tuées à cause de lui. Néanmoins, bien qu'il manigance des opérations dans le dos de ses supérieurs et que son plan précipiterait potentiellement l'URSS dans une guerre inutile, Orlov est infiniment fier de porter les couleurs soviétiques de son uniforme et est convaincu que la postérité russe le verra comme un héros national.

Dans le film[]

Les revers du complot[]

"L'Ouest est décadent et divisé ! Il n'affrontera jamais une guerre nucléaire, la pire des représailles. À travers toute l'Europe, le pacifisme exige par ses manifestations quotidiennes un désarmement unilatéral."
― Orlov essayant de convaincre le comité soviétique que l'Ouest sera impuissant face à ses troupes.[src]
Orlov prononçant son discours.

Orlov prononçant son discours.

Vers 1983, quelques semaines avant la détonation planifiée de la bombe nucléaire, Orlov se présente à un conseil de sécurité soviétique durant lequel il exprime son agacement à l'égard de la politique pacifiste du général Gogol. Il tente de convaincre ses frères d'armes d'envahir l'Europe, affirmant avec suffisance que ses divisions élimineraient les troupes de l'OTAN en seulement cinq jours. Cependant, craignant que l'Amérique ne lance des représailles nucléaires sur leur pays et ne purge le monde dans une Troisième Guerre mondiale, le comité rejette catégoriquement ses requêtes offensives.

Orlov avec Lenkin et Mischka.

Orlov avec Lenkin et Mischka.

Une fois le conseil terminé, le général frustré participe à une réunion impromptue avec Lenkin et le tueur Mischka[1][2] dans le dépôt d'œuvres d'art du Kremlin. Il apprend alors qu'un faux œuf de Fabergé a été volé dans le cirque d'Octopussy par un homme déguisé en clown que Mischka et son frère Grischka ont poursuivi et tué. En sachant que leur complot risque d'être compromis par la publication d'un inventaire des objets d'art du Kremlin deux jours plus tard, Orlov envoie Kamal Khan en Angleterre pour acheter le véritable œuf lors d'une vente aux enchères. Toutefois, pour ne rien arranger, le voleur de l'œuf se trouve être un agent du MI6 et la présence de Khan à cette vente aux enchères attire l'attention de James Bond, un agent d'élite des services secrets qui suit le monarque jusqu'en Inde pour enquêter.

Réunion avec Khan[]

Après avoir appris que Bond détient l'œuf authentique et s'en sert comme appât, Khan le fait capturer et le détient dans son repaire indien, le Palais de la Mousson, tout en lui ayant repris le bijou. Le soir suivant la capture du commander, Orlov se présente au palais et rencontre Khan pour discuter des préparatifs de leurs projets. Le binôme ignore que Bond s'est échappé de sa chambre et écoute leur conversation grâce à un micro placé dans l'œuf par le quartier-maître du MI6. Croyant qu'il s'agit à nouveau d'une copie du bijou, Orlov la détruit, ordonne à Khan d'éliminer leur ennemi et convient de retrouver son associé dans la ville de Karl-Marx-Stadt, en Allemagne de l'Est, la semaine suivante pour exécuter leur plan.

Confrontation en Allemagne et mort[]

Alexis Gogol: "Vous êtes un pauvre type, un pauvre voleur, la honte de l'armée."
Orlov: "Oui... Mais à Moscou, je serai demain le héros que les Soviétiques salueront."
―Dernier échange entre Alexis Gogol et le général Orlov[src]
Orlov étant interrogé par Bond.

Orlov étant interrogé par Bond.

Durant leur prochaine entrevue, les complices d'Orlov et Khan amorcent la bombe nucléaire et la cachent dans le train du cirque d'Octopussy. Entreprenant de déjouer leurs opérations, Bond tue Mischka et enfile sa tenue pour se faire passer pour le jumeau tueur. Trompé par ce déguisement, Orlov se retrouve menacé par 007 lorsqu'il entre dans le wagon où se trouve l'ogive. Après avoir été forcé de révéler ses plans, le contrebandier belliciste parvient à s'enfuir et lâche ses hommes sur l'espion britannique. Néanmoins, Bond tue plusieurs d'entre eux et vole sans le savoir la voiture du dignitaire communiste contenant des bijoux pour rattraper le train d'Octopussy et se faufiler à bord.

Mort du général Orlov, abattu.

Mort du général Orlov, abattu.

N'ayant pas pu arrêter Bond, Orlov se fait conduire à la ligne de frontière entre l'Allemagne de l'Est et l'Allemagne de l'Ouest qu'il franchit de force afin de poursuivre le train à pied. Malheureusement pour lui, les gardes-frontières le prennent pour un transfuge et le fusillent avant qu'il ne puisse sauter dans le wagon de queue, le blessant mortellement. Alors que le criminel de guerre à l'article de la mort rampe désespérément sur la voie ferrée, le général Gogol le rattrape et le sermonne furieusement, ayant entretemps découvert son complot et le considérant comme une honte à l'uniforme. Dans ses derniers instants, Orlov, arrogant jusqu'au bout, rétorque que les Soviétiques le verront davantage comme un héros que comme un traître et succombe de ses blessures aux pieds de son ancien compagnon d'armes.

Quelques heures après la mort d'Orlov, Bond réussit à désamorcer la bombe quelques secondes avant la détonation avec l'aide d'Octopussy, à qui l'agent britannique a fait comprendre que ses associés l'ont trahi, déjouant ainsi le complot d'Orlov et sauvant les milliers de vies menacées par celui-ci.

Employés et associés[]

Production[]

Le général Orlov est l'antagoniste principal dans le film de James Bond de 1983 Octopussy, le treizième volet de la série d'EON Productions. Il a été interprété par l'acteur, auteur, dramaturge et directeur de théâtre britannique Steven Berkoff et a été doublé dans la version française par l'acteur Igor De Savitch, qui a également prêté sa voix à Arkady Ourumov.

Orlov a probablement été inspiré par Yuri Brejnev, le beau-fils du secrétaire général Leonid Brejnev, qui manipulait le cirque d'État de Moscou pour faire de la contrebande de bijoux, déclenchant un scandale en Union soviétique[3][4].

L'acteur néerlandais Rutger Hauer a été pressenti pour incarner Orlov avant que Steven Berkoff n'ait obtenu le rôle[5]. Hauer sera à nouveau envisagé pour jouer Max Zorin, l'antagoniste principal dans Dangereusement vôtre (1985). Berkoff a été suggéré par Barbara Broccoli, la fille du producteur historique Albert R. Broccoli, qui l'avait vu jouer sa propre pièce, Greek, à Los Angeles[6]. Bien qu'il ait apprécié son rôle, Berkoff estimait que le réalisateur John Glen "avait limité certains de mes excès"[7].

Quelques années plus tard, Orlov est réapparu dans le jeu de rôle sur table James Bond 007 (1983). Dans cette continuité alternative, il est appelé Vladimir Orlov et rétablit l'organisation de contre-espionnage du SMERSH (qui était pourtant désavouée depuis longtemps). Le général corrompu a volé l'œuf de Fabergé dont Octopussy cherche à faire l'acquisition et l'a remplacé par une contrefaçon contenant une bombe à neutrons miniature. Orlov compte faire exploser l'engin lors d'un spectacle de cirque à Belgrade dans l'espoir de déstabiliser l'OTAN, en "prouvant" que la bombe est américaine, afin de pousser ses supérieurs à envahir l'Europe. Comme dans le film, Bond est amené à enquêter sur les intentions des Soviétiques avec l'œuf et le reste de la mission reflète les événements du long-métrage.

Notes[]

  • Le personnage du général Orlov a été vivement critiqué au point d'être considéré par beaucoup comme un des pires méchants de la saga. On lui reproche entre autres d'être unidimensionnel et cliché, voire caricatural et offensant[8].
  • Comme ce sera plus tard le cas avec Brad Whitaker et Georgi Koskov dans Tuer n'est pas jouer (1987) et Elektra King et Renard dans Le monde ne suffit pas (1999), il y a un débat bien connu des fans pour tenter de déterminer qui d'Orlov ou de Kamal Khan est le véritable antagoniste principal. Techniquement, le militaire soviétique est le réel antagoniste car la tentative de faire exploser une bombe en Europe occidentale était son plan en premier lieu et Khan collabore au complot pour son bénéfice personnel et s'assure essentiellement que le stratagème se déroule comme prévu.
  • Orlov se démarque comme le premier antagoniste principal dans un film de James Bond à être éliminé avant l'acte final de son film. Il sera suivi par Le Chiffre dans Casino Royale (2006).
  • C'est également le seul antagoniste tué dans Octopussy qui n'est pas éliminé par Bond.
  • Bien qu'il soit l'antagoniste principal, Orlov n'apparaît qu'environ 15 minutes à l'écran, Kamal Khan étant la principale menace.
  • Orlov peut être vu comme un équivalant sombre du général Gogol, étant l'archétype de ce que le chef du KGB aurait pu devenir s'il avait choisi de se laisser consumer par sa soif de pouvoir. De plus, bien que les intérêts de Gogol divergeassent parfois de ceux de Bond et du MI6, il s'alliait volontiers à ces derniers pour anéantir une menace commune alors qu'Orlov a trahi son pays en s'associant à Kamal Khan et en organisant son projet d'invasion en Europe dans le dos de ses frères d'armes.
  • Durant le conseil de sécurité soviétique, Orlov mentionne que trente-et-une divisions soviétiques d'armée en Allemagne de l'Est et cinq en Tchécoslovaquie sont sous son commandement direct, ce qui suggère qu'il est le commandant en chef du groupe de forces soviétiques en Allemagne.
  • La dernière réplique d'Orlov disant qu'il sera un héros soviétique est sans doute liée au fait qu'il a réellement été décoré de la médaille de héros de l'Union soviétique (cette dernière étant visible sur son uniforme). Toutefois, il n'est pas clair si Orlov a dit cela au sens figuré, dans le sens où il entrera dans l'histoire de l'Union soviétique comme un héros qui a apporté la gloire à son peuple grâce à ses plans mégalomanes, ou au sens propre, dans le sens où il s'attendait à recevoir cet honneur une seconde fois à titre posthume.
    • Cette dernière réplique a été censurée pour des raisons de politique étrangère dans la version finlandaise du film[9].

Références[]

Voir aussi[]