- "Désolé, James. J'ai pour vous une grande affection, mais comme dit le vieux dicton, le cœur a ses raisons mais la raison n'ignore pas."
- ― Georgi Koskov à James Bond
Georgi Koskov est un général soviétique faisant office de stratège au KGB. Il a mené une carrière militaire lucrative durant la guerre froide et s'est vu décerner diverses récompenses, notamment les titres de "héros de l'Union soviétique", "héros du travail socialiste" et l'ordre de la bannière rouge, ce qui lui a valu une réputation de "super cerveau" dans le monde de l'espionnage. Apparemment généreux et avenant, Koskov a une petite-amie tchécoslovaque du nom de Kara Milovy à qui il offre des cadeaux hors de prix comme un violoncelle stradivarius baptisé "Lady Rose".
En réalité, Koskov est un manœuvrier fourbe et machiavélique consumé par sa soif de pouvoir qui entend exploiter sa façade de héros communiste pacifiste pour se faire du profit dans le dos de l'URSS. Dans le fond, c'est un fin manipulateur qui joue sur les deux tableaux de la guerre froide et exploite/sacrifie ses dignitaires comme les pièces d'un échiquier. Chaque membre de son entourage est remplaçable à ses yeux, y compris Kara, dont il serait prêt à signer l'arrêt de mort en faveur de ses plans. Excentrique, jovial et condescendant, il a également des goûts de luxe et un aspect théâtral. Ainsi, une fois le masque tombé, Georgi Koskov s'avère n'être qu'un génie du crime égocentrique, lâche et imprévisible que ses alliés comme ses ennemis devraient craindre en permanence, en dépit des apparences.
Dans le film[]
Contexte et plan[]
En pleine guerre soviéto-afghane (1979-1989), Georgi Koskov s'est associé à Brad Whitaker, un trafiquant d'armes américain, et a détourné des fonds à son gouvernement avec lesquels il compte acheter une grosse quantité d'opium brut d'une valeur marchande de 500 000 000 $ à la confrérie des guépards des neiges en Afghanistan ; Whitaker et lui pourront ensuite s'enrichir en distribuant la drogue aux États-Unis à des prix faramineux, tout en vendant des armements de pointe aux Soviétiques afin de renforcer leur ascendance en Afghanistan.
Pour sauver les apparences, Koskov prévoit de désinformer les services secrets britanniques et de leur faire croire que le nouveau chef du KGB, Leonid Pushkin, a relancé une opération datant du règne de Staline visant à tuer des agents britanniques et américains, alors qu'il a lui-même fait assassiner un espion britannique pour motiver le MI6 à liquider Pushkin.
Manipulation des Britanniques[]
- "Le général Leonid Pushkin, voilà pourquoi je passe à l'Ouest. Autrefois, nous étions comme deux frères d'armes. Aujourd'hui, ça n'est plus le même. Le pouvoir lui a donné la tête d'un cinglé comme Staline. Il déteste notre politique de détente."
- ― Koskov accusant Pushkin d'être perfide auprès des Britanniques.
Koskov assistant au concert de Bratislava.
Afin que ses accusations sur Pushkin paraissent crédibles, Koskov prétend vouloir passer à l'Ouest et sollicite pour cela l'aide de James Bond, un agent d'élite du MI6. Il planifie une rencontre avec ce dernier et son collègue Saunders à Bratislava, en Tchécoslovaquie, durant l'entracte d'un concert de musique classique dans lequel joue Kara Milovy en tant que violoncelliste. Koskov a en fait secrètement incité sa compagne à tirer à blanc sur lui depuis une fenêtre du conservatoire pour que les Britanniques la supprime en la croyant être une tireuse du KGB, ce qui le débarrasserait d'un témoin gênant en plus de rendre sa défection crédible.
Cependant, Bond décide d'épargner Kara contre l’avis de Saunders en comprenant qu'ils ont affaire à une amatrice, mais il exfiltre tout de même Koskov jusqu'à un oléoduc transsibérien. Une autre espionne, Rosika Miklos, aide alors 007 à placer le transfuge nerveux dans une capsule habituellement utilisée pour récurer le pipeline. De là, Koskov est transporté dans un gazoduc abandonné en Autriche où le quartier-maître Q et ses assistants lui permettent de passer à l'Ouest dans un avion de chasse.
Koskov désinformant le gouvernement britannique.
Quelques jours plus tard, Koskov est convié à un débriefing dans un manoir britannique incluant M, le chef du MI6, et Frederick Gray, le ministre de la Défense, en plus de Bond. Il désinforme alors ces derniers avec ses accusations sur Pushkin et les encourage à tuer son rival lors d'une convention commerciale qui se tiendra à Tanger, au Maroc, trois jours plus tard. Entretemps, le général perfide s'est arrangé pour que son séide, Necros, prenne d'assaut le repaire et "l'enlève" en faisant porter le chapeau au KGB. Plusieurs agents britanniques sont tués ou blessés durant le raid, laissant le MI6, humilié, croire que Koskov a été rapatrié à Moscou.
Conflit avec Pushkin[]
- "Nous avons convaincu les Britanniques que Pushkin était dangereux. Ils vont envoyer leur meilleur élément, James Bond, pour l'éliminer."
- ― Koskov expliquant sa démarche à Whitaker.
En réalité, Koskov et Necros se prélassent à la piscine de la villa de Whitaker à Tanger lorsque leur associé les informe que Pushkin a annulé le contrat d'armement qu'ils ont conclu avec les Soviétiques. Confiant en son emprise sur les Britanniques, Koskov suggère à Whitaker d'assassiner un autre agent de Sa Majesté afin de s'assurer que Bond tue le chef du KGB. Toutefois, le général sous-estime en réalité 007, qui conteste ses affirmations et gagne la confiance de Kara en enquêtant sur le prétendu transfuge. De plus, bien que Saunders soit tué par Necros, ce dernier a découvert la collusion entre Koskov et Whitaker avant sa mort.
Koskov, Whitaker et Necros fêtant le succès du "meurtre" de Pushkin.
En sachant que Pushkin doit mourir pour qu'il puisse en savoir plus sur les conspirateurs, Bond met en scène la mort du général, laissant Koskov et ses cohortes fêter leur "succès" en croyant leur ennemi mort. Les antagonistes manipulent ensuite Kara pour qu'elle drogue Bond afin qu'ils puissent enlever l'agent du MI6 et l'emmener à une base aérienne soviétique en Afghanistan où Koskov bénéficie d’un détachement d’hommes et de véhicules sous les ordres du colonel Feyador, son camarade de longue date.
Péripéties en Afghanistan[]
Koskov révélant son intention de faire emprisonner Bond en Afghanistan.
Durant le trajet, Koskov révèle son intention de faire emprisonner Bond pour avoir "tué" Pushkin tout en prétendant avoir été en mission secrète sous les ordres de son confrère pour désinformer le MI6. Cependant, une fois en Afghanistan, l'horrible stratège livre également Kara en la faisant passer pour une transfuge et se moque d'elle en prétendant vouloir l'affecter à l'orchestre philharmonique de Sibérie, ce qui lui vaut une gifle bien méritée de cette dernière.
Néanmoins, Bond et Kara échappent à l'emprisonnement et s'allient à un groupe de moudjahidines afghans en guerre contre les Soviétiques (dirigés par Kamran Shah) pour déjouer les opérations de Koskov. Leur groupe intercepte la vente d'opium entre le trafiquant et les guépards des neiges et Kamran aide Bond à se cacher dans le camion transportant la drogue où l'Anglais amorce une bombe afin de détruire l'approvisionnement. La situation prend cependant une autre tournure lorsque Koskov et Necros le reconnaissent après qu'il ait déposé la drogue dans un avion-cargo et 007 se barricade donc dans l’appareil. Au même moment, les moudjahidines attaquent la base de Koskov et un affrontement massif s'ensuit entre les Soviétiques et les Afghans.
Koskov, Feyador et Necros durant la fusillade.
Au milieu du chaos, Bond s'enfuit vers une piste de décollage aux commandes de l'avion, emportant le stock d'opium. Alors que Kara se dirige vers lui, Koskov et Necros poursuivent la violoncelliste au volant d'une Jeep équipée d'une mitrailleuse mais celle-ci parvient à rejoindre James dans l'avion. Koskov parvient tout de même à faire monter son sbire dans l'appareil mais il manque ensuite d'être tué lorsque son camion entre en collision avec un avion arrivant à contresens ; il survit à l'incident avec seulement de légères brulures au visage.
Défaite et arrestation[]
- Pushkin: "Qu'on le renvoie à Moscou dans le prochain avion..."
- Koskov: "Oh, merci général, merci général infiniment !"
- Pushkin: "... par la bière diplomatique. [Koskov est arrêté par les hommes de Pushkin]"
- ―Dernier échange entre Pushkin et Koskov.[src]
Arrestation de Koskov par Pushkin et ses hommes.
Koskov réapparaît finalement à la villa de Whitaker dans laquelle Bond s'infiltre pour capturer le général traître. Une fois son associé mort, celui-ci est appréhendé par Pushkin et ses hommes et clame son innocence en attribuant lâchement l'entière responsabilité du complot à Whitaker. Pushkin fait mine de lui accorder sa clémence mais demande finalement à ce que Koskov soit rapatrié à Moscou "par la bière diplomatique", à la stupeur de l'antagoniste.
La question de savoir si le militaire rusé a été exécuté ou simplement emprisonné pour sa trahison n'est pas claire mais son sort ne sera sans doute pas des plus agréables.
Employés et associés[]
Production[]
Georgi Koskov est l'antagoniste principal (au même titre que Brad Whitaker) dans le film de James Bond de 1987 Tuer n'est pas jouer, le quinzième volet de la série d'EON Productions. Il a été interprété par l'acteur et réalisateur néerlandais Jeroen Krabbé et a été doublé dans la version française par l'acteur Féodor Atkine, qui a aussi prêté sa voix à Dryden et à Mendel dans Casino Royale (2006).
Les producteurs ont utilisé l'intrigue de la nouvelle Bons baisers de Berlin de Ian Fleming, presque sans changement, pour la partie où Koskov se fait passer pour un transfuge en étant visé par Kara[1]. La différence est que les rôles des deux personnages ont été inversés dans le film ; dans la nouvelle, le personnage qui a inspiré Koskov, "272", fait légitimement défection vers l'Union soviétique alors que la sniper était l'antagoniste. Koskov a aussi été inspiré par un agent du KGB réel, Vitaly Yurchenko, dont la défection à l'Ouest en 1985 avant de revenir en URSS quelques jours plus tard a été saluée comme une opération d'infiltration réussie[2].
Jeroen Krabbé a obtenu le rôle de Koskov après que les producteurs aient vu Turtle Diary (1985), son seul film britannique de l’époque. L'acteur était fan de la saga cinématographique depuis toujours et a demandé si son personnage devait avoir un fort accent russe. Le réalisateur John Glen lui a répondu : "Non, un accent très léger"[3].
En plus du film, Koskov est apparu dans le jeu-vidéo de course 007 Racing (2000) dans lequel il est doublé par l'acteur et comédien canadien Alistair Abell, qui a également prêté sa voix à Murmure dans le même jeu. Dans cette continuité alternative, le général travaille pour le constructeur automobile et diplomate commercial Hammond Litte (l'antagoniste principal) aux côtés d'autres anciens méchants de la saga comme Requin.
Images[]
Notes[]
- Koskov a la distinction d'être le seul antagoniste principal (en dehors de Blofeld) à être arrêté au lieu d'être tué à la fin de son film.
- S'il a été exécuté après cela, il serait l'un des deux seuls méchants (avec Dominic Greene) à ne pas mourir à l'écran, mais si ce n'est pas le cas, il serait le seul antagoniste principal des films à avoir survécu.
- Contrairement à Orlov et à Arkady Ourumov, d'autres généraux soviétiques notables des films, l'uniforme militaire de Koskov est orné de garnitures bleu foncé au lieu du rouge habituel, car il est affilié au KGB et non pas à l’armée soviétique.
- Après Hugo Drax de Moonraker, Koskov est le deuxième antagoniste principal des films à rencontrer M personnellement.
- Il est similaire à Aris Kristatos de Rien que pour vos yeux : ce sont tous deux des espions perfides affiliés au KGB qui ont été présentés à Bond comme un allié avant de se révéler être l'ennemi. Ils ont tous deux imputé la responsabilité de leurs crimes à leur rival (Leonid Pushkin pour Koskov / Milos Columbo pour Kristatos) en disant "Autrefois, nous étions comme deux frères" et ont fait assassiner des collègues de Bond pour le pousser à tuer leur rival, ce que 007 n'a pas fait dans les deux cas. Koskov et Kristatos étaient aussi tous deux secondés par un assassin blond et robuste (respectivement Necros et Erich Kriegler). La différence est que Kristatos a toujours été loyal envers l'Union soviétique, alors que Koskov était à son propre compte.
- Bien que Koskov soit russe, Jeroen Krabbé avait un accent davantage britannique ou néerlandais quand il le jouait.
- Parmi les prix et décorations visibles sur son uniforme, Koskov détient la médaille du travail courageux dans la Grande Guerre patriotique, qui a été décernée aux travailleurs de l'industrie durant la Seconde Guerre mondiale. Il s'agit d'une erreur car Koskov est trop jeune pour avoir été ouvrier dans les années 1940, Krabbé n'ayant que 42 ans à la sortie du film.
- L'instant où Koskov interroge Bond sur le sort de Kara après qu'il l'ait désarmée prend plus de sens une fois qu'on sait que le "super cerveau du KGB" est un ennemi ; il cherchait à savoir si Kara a été éliminée pour éviter qu'elle ne révèle la vérité sur son passage à l'Ouest.
- De même, Bond coupant court aux questions de Koskov, le laissant ainsi tirer ses propres conclusions, implique qu’il soupçonne d'emblée que tout n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît dans la défection de Koskov, ayant constaté que Kara n’était pas une tueuse professionnelle.
- Finalement, demander l'aide de Bond pour passer à l'Ouest a été l'erreur de Koskov à l'origine de sa perte puisqu'elle a amené l'espion à enquêter sur ses machinations et celles de Whitaker.
Références[]
- ↑ Barnes, Alan ; Hearn, Marcus (2001). Kiss Kiss Bang! Bang!: the Unofficial James Bond Film Companion. ISBN 0713486457
- ↑ https://whatculture.com/film/10-james-bond-villains-who-simply-vanished?page=2
- ↑ Field, Matthew; Chowdhury, Ajay (2015). Some Kind of Hero : 007 : the Remarkable Story of the James Bond Films. Stroud, Gloucestershire : The History Press Ltd. ISBN 0750964219. OCLC 930556527.














