James Bond
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James Bond

M: "Vous ne m'aimez pas, Bond. Vous détestez mes méthodes. Vous me prenez pour un grouillot, une petite guichetière plus intéressée par ses bilans que par votre flair."
James Bond: "L'idée m'est venue à l'esprit..."
M: "Bon ! Moi, je vous trouve sexiste, misogyne et dinosaure. Une relique de la guerre froide, dont le côté puéril et charmeur, sans effet sur moi, a beaucoup plu à cette jeune femme que j'ai chargée de vous évaluer."
James Bond: "Bien enregistré."
―Barbara Mawdsley et James Bond[src]

GoldenEye (L'œil de feu au Québec) est un film d'action et d'espionnage britannico-américain réalisé par le cinéaste néo-zélandais Martin Campbell et sorti en 1995. Il s'agit du dix-septième film de la franchise de James Bond produite par Michael G. Wilson et Barbara Broccoli par l'intermédiaire de leur société EON Productions ainsi que du premier à présenter l'acteur irlando-américain Pierce Brosnan dans le rôle de l'agent du MI6 James Bond, qui réinterprètera ensuite le personnage dans Demain ne meurt jamais (1997), Le monde ne suffit pas (1999) et Meurs un autre jour (2002).

Le nom "GoldenEye" rend hommage à Ian Fleming, l'écrivain qui a créé James Bond, qui a assuré la liaison avec la division du renseignement naval britannique pour surveiller les développements en Espagne après la guerre civile espagnole, dans le cadre d'une opération baptisée "Goldeneye". C'était également le nom du domaine de l'auteur à Oracabessa, en Jamaïque, où il a écrit tous les romans de James Bond de Casino Royale (1953) à L'homme au pistolet d'or (1965)[3]. Le film est tiré d'une histoire originale du scénariste Michael France, avec la collaboration ultérieure d'autres scénaristes dont Jeffrey Caine et Bruce Feirstein, et met en scène Bond alors qu'il doit empêcher un ancien agent du MI6 du nom d'Alec Trevelyan d'utiliser l'arme satellite "GoldenEye" contre Londres pour provoquer une crise financière mondiale.

Le film est sorti après une interruption de six ans dans la série causée par des litiges juridiques au cours desquels l'acteur Timothy Dalton a démissionné du rôle de Bond avant d'être remplacé par Brosnan. Le métrage met aussi en avant l'acteur britannique Sean Bean dans le rôle d'Alec Trevelyan ainsi que l'actrice polono-suédoise Izabella Scorupco dans le rôle de la programmeuse russe Natalya Simonova ainsi que l'actrice néerlandaise Famke Janssen dans le rôle de l'assassin sadomasochiste Xenia Onatopp. Le personnage de M a été recrée pour être interprété par l'actrice Judi Dench, qui est donc la première femme à incarner la chef du MI6, succédant donc à Robert Brown. Le personnage de Miss Moneypenny est cette fois incarné par Samantha Bond, qui succède alors à Caroline Bliss, alors que Desmond Llewelyn a repris son rôle iconique de Q. GoldenEye est le premier film de James Bond à avoir été réalisé après la dissolution de l'Union soviétique et la fin de la guerre froide ce qui joue un rôle d'arrière-plan dans l'intrigue. C'est également le premier opus à utiliser des images générées par ordinateur. Il est dédié à la mémoire du superviseur des effets spéciaux Derek Meddings, qui avait déjà travaillé sur plusieurs autres films de la franchise et est décédé des suites d'un cancer colorectal deux mois avant la sortie du film[4].

Le budget du film est estimé à 60 000 000 $[2] et est donc supérieur à ceux de Dalton sans la prise en compte de l'inflation. Il a obtenu de très bons résultats au box-office, ayant rapporté plus de 350 000 000 $ (environ 584 000 000 $ en avril 2019[5]) et a été généralement très bien reçu par les critiques, étant vu comme une modernisation de la franchise alors que la prestation de Brosnan a été saluée. GoldenEye a également reçu deux nominations aux BAFTA Awards dans les registres "meilleurs effets spéciaux" et "meilleur son". Il peut aujourd'hui encore être considéré comme un des meilleurs films de James Bond aux côtés de Bons baisers de Russie (1963), Goldfinger (1964), Au service secret de Sa Majesté (1969), L'espion qui m'aimait (1977), Casino Royale (2006) et Skyfall (2012). Sa chanson-titre, interprétée par la chanteuse américaine Tina Turner, a également rencontré un grand succès. Comme le précédent film Permis de tuer (1989), il a été adapté en roman par l'écrivain britannique John Gardner et son héritage s'est poursuivi avec le jeu-vidéo GoldenEye 007 (1997), qui a été un des jeux les plus vendus et les plus acclamés de tous les temps. Des personnages comme Xenia Onatopp ont aussi acquis une certaine popularité et sont apparus dans plusieurs jeux ultérieurs.

Synopsis[]

Bond et Trevelyan durant leur mission.

Quelques années avant la chute de l'URSS, les agents "00" du MI6 James Bond et Alec Trevelyan sont chargés de détruire une usine d'armements chimiques russe près d'un immense barrage à l'oblast d'Arkhangelsk, en Union soviétique. Infiltré dans l'installation, le binôme place une mine à retardement sur un réservoir mais Trevelyan est cerné par Arkady Ourumov, le commandant de la base, et ses hommes, et Bond décide alors de réduire le compte à rebours de la bombe sans l'avis de son ami peu de temps avant qu'Ourumov ne tue apparemment celui-ci d'une balle dans la tête. Malgré cela, 007 parvient à s'échapper de la base dans un petit avion dont il a repris le contrôle en chute libre peu de temps avant que l'installation n'explose, bien que le protagoniste reste affecté par la perte de son collègue et ami.

En 1995, alors qu'il fait l'objet d'une évaluation par une psychiatre du MI6 sur une route montagneuse de la Riviera française, Bond se livre à une course-poursuite avec Xenia Onatopp, une jeune femme géorgienne qu'il retrouve par la suite à un casino de Monaco où les deux inconnus disputent une partie de baccara. Décidant d'enquêter sur son adversaire lorsqu'il la voit flirter avec un amiral canadien, l'espion anglais découvre qu'elle est une tueuse membre d'un syndicat du crime connu sous le nom de Janus et qu'elle tente de voler le Tigre, un hélicoptère militaire à la pointe de la technologie qui est présenté au public le lendemain, en utilisant le laissez-passer de l'amiral auparavant tué lors de rapports sexuels violents avec un complice. Ne pouvant empêcher le vol de l'appareil, Bond rentre à Londres et se joint à ses collègues dans une salle de contrôle alors qu'ils sont témoins d'une impulsion électromagnétique qui frappe la station radar de Severnaya, en Sibérie soviétique, où le Tigre a également atterri. Il s'avère qu'Onatopp et Arkady Ourumov se sont rendus à la base aux commandes du Tigre pour le compte de Janus et ont massacré son personnel pour activer une arme spatiale top secrète de classe "GoldenEye" et l'amener à détruire le site pour leur permettre de voler un deuxième satellite. La destruction du site par le rayon du satellite détruit également trois avions de combats russes déployés après qu'un signal de détresse provenant de la base ait été émis lors de la fusillade. Cependant, Natalya Simonova, une programmeuse travaillant à Severnaya, échappe miraculeusement au massacre de ses collègues et survit de peu à la destruction du site.

Bond et M durant leur entretien.

Chargé par sa supérieure hiérarchique Barbara Mawdsley de débuter une enquête et de retrouver le satellite volé, Bond est envoyé à Saint-Pétersbourg, en Russie, où il prend contact avec Jack Wade, son homologue de la CIA, qui lui suggère d'interroger l'ancien agent du KGB Valentin Zukovsky, désormais un chef du crime dirigeant une organisation mafieuse rivale de Janus. Rencontrant ce dernier dans son bar-cabaret, Bond le convainc de lui organiser une rencontre avec Janus en échange d'un accord financier malgré un début de discussion tendu. Il se rend à des bains thermaux pour rencontrer le mystérieux criminel mais se retrouve au lieu de cela confronté à Onatopp, qui tente de le tuer en l'enserrant avec ses cuisses, sa méthode d'assassinat de prédilection. Prenant le dessus sur la tueuse sociopathe, 007 l'oblige à le conduire dans un parc abandonné où se trouvent d'anciennes statues datant de l'ère soviétique où il découvre avec surprise que Janus n'est autre qu'Alec Trevelyan, pourtant présumé mort depuis les évènements d'Arkhangelsk neuf ans auparavant. Le cerveau terroriste apprend alors à son ancien ami que ses parents étaient des cosaques de Lienz qui avaient été trahis par le gouvernement britannique et se sont suicidés après avoir survécu au peloton d'exécution de Staline. Trevelyan en veut également à Bond car son visage est défiguré depuis que 007 a modifié le minutage de la mine durant leur mission et tente de faire tuer le protagoniste ainsi que Natalya Simonova, également capturée, dans le Tigre volé programmé pour s'auto-détruire avec ses missiles en sachant qu'il ne peut pas compter sur son ancien ami pour rejoindre son organisation.

Bond et Natalya étant interrogés par Mishkin.

Bien qu'ils survivent à la destruction de l'hélicoptère, Bond et Natalya sont arrêtés par l'armée russe, qui les accusent d'être responsables de l'attaque de Severnaya, et sont emmenés dans une prison militaire où le ministre de la Défense russe Dimitri Mishkin les interroge. Alors que les tensions montent entre 007 et ce dernier, Natalya révèle aux deux hommes qu'Ourumov a volé le deuxième GoldenEye mais le militaire corrompu entre justement dans la salle et tue Mishkin ainsi qu'un garde avec le Walther PPK de Bond avant que le politicien ne puisse réagir aux révélations de Natalya tout en incriminant le commandeur. Au cours d'une fusillade dans les archives militaires de la ville, Ourumov capture Natalya tandis que 007 vole un char d'assaut T-55 pour les poursuivre à travers la ville en étant lui-même pris en chasse par les hommes du général. Au terme de la course-poursuite spectaculaire qui créé d'importants dégâts à Saint-Pétersbourg, Ourumov emmène Natalya à bord d'un train soviétique blindé utilisé par Janus dans lequel ils retrouvent Trevelyan et Onatopp. Détruisant l'avant du train avec un obus du char d'assaut, Bond sauve Natalya et tue Ourumov après avoir appris au Russe que son associé est un cosaque de Lienz, bien que Trevelyan et Onatopp parviennent à s'enfuir dans un hélicoptère caché dans un autre wagon et programment la destruction du train. Heureusement, Bond et sa partenaire s'échappent à temps après que la programmeuse ait localisé Boris Grishenko, un ancien technicien de Severnaya désormais au service de Trevelyan, dans leur base des opérations à Cuba.

En poursuivant leur mission à Cuba, Bond et Natalya commencent à vivre une histoire d'amour mais la jeune femme est préoccupée lorsqu'elle apprend que l'agent du MI6 compte tuer Trevelyan alors qu'il était son ami. Utilisant un avion emprunté à Jack Wade pour survoler la région, le duo tente de localiser la base de leur ennemi mais leur appareil est abattu par un missile, puis Onatopp est à nouveau envoyée par Trevelyan pour les tuer et bat Bond tout en essayant à nouveau de l'enserrer entre ses cuisses. 007 réussi cependant à éliminer l'ancienne militaire sadomasochiste, puis Natalya et lui se rendent compte que l'installation depuis laquelle Trevelyan contrôle le deuxième satellite GoldenEye était cachée sous un grand lac et s'infiltrent dans la base. Alors que Natalya modifie les codes d'accès de l'arme spatiale pour qu'elle s'auto-détruise, Bond place une mine pour détruire le repaire mais les deux protagonistes sont capturés l'un après l'autre et sont emmenés face à Trevelyan. Celui-ci leur révèle qu'il compte pirater la banque d'Angleterre pour voler des documents financiers avant de détruire Londres avec le rayon du GoldenEye, effaçant toutes traces de la transaction tout en vengeant les cosaques de Lienz et renvoyant l'Angleterre à "l'âge de pierre". Se rendant compte que le GoldenEye est sur le point d'être détruit, Trevelyan et Grishenko tentent de forcer Natalya à leur révéler les nouveaux codes mais Bond profite de ce moment pour déclencher une grenade ayant l'apparence d'un stylo qui lui a été remise par le quartier-maître du MI6 Q, déclenchant de nombreuses explosions qui tuent un certain nombre des complices de Janus alors que l'agent secret s'échappe avec Natalya.

Bond et Trevelyan s'affrontant.

Miraculeusement épargné par les dégâts subis à la base, Grishenko réussi à casser les codes de Natalya mais Bond bloque les engrenages de l'antenne de la base, qui se détruit alors progressivement, tout comme le GoldenEye. Essayant d'arrêter 007, Trevelyan l'affronte longuement, d'abord au tir puis au corps-à-corps, mais il est finalement précipité du haut d'une plate-forme sous le noyau de l'antenne par le commandeur, bien qu'il soit toujours vivant malgré sa longue chute. Alors que Bond et Natalya échappent à la destruction de la base dans un hélicoptère réquisitionné à un homme de Janus, les débris de l'antenne s'écrasent sur Trevelyan, le tuant pour de bon, alors que Grishenko, le seul survivant apparent du chaos, est finalement congelé par de l'azote liquide. Ayant accompli leur mission, Bond et sa petite-amie se préparent à faire l'amour en pleine nature lorsque Wade et une escouade de Marines américains camouflés les interrompent pour les escorter en hélicoptère à la base navale de la baie de Guantánamo.

Distribution[]

Production[]

Pré-production de "Bond 17"[]

En 1989, suite au succès mitigé du dernier film de la franchise Permis de tuer (1989), l'acteur Timothy Dalton a rapporté que la série de films risquait de prendre fin. Un an plus tard, le producteur historique de la saga, Albert R. Broccoli, a annoncé qu'il a remis la société EON Productions à sa fille, Barbara Broccoli, ainsi qu'à son beau-fils, Michael G. Wilson, qui a déjà produit les trois opus précédents. En outre, l'acteur américain Mel Gibson était à cette époque pressenti pour incarner Bond dans le prochain film, bien que Dalton dût encore tourner un film comme le stipulait son contrat[6].

Lorsque la pré-production du film a débuté en 1990 avec une sortie planifiée pour fin 1991, Dalton était prêt à reprendre son rôle alors qu'il a été annoncé que John Glen, le réalisateur des cinq derniers films, et le scénariste vétéran Richard Maibaum ne participeront pas à ce prochain métrage car ils n'avaient aucun contrat après Permis de tuer. Maibaum a été remplacé par le scénariste et producteur Alfonso Ruggiero Jr. dont le travail a été rejeté car il était considéré comme trop similaire à Permis de tuer. Néanmoins, Michael Wilson appréciait le style de Ruggiero et a donc collaboré avec lui dans l'écriture d'une première ébauche. La production auditionnait dans un même temps des réalisateurs dont Roger Spottiswoode mais le décès de Richard Maibaum le 4 janvier 1991 a retardé la production. Des actions en justice opposant Broccoli à Giancarlo Parretti, le nouveau propriétaire de la société Metro-Goldwyn-Mayer, ont ensuite repoussé le film davantage et lorsque celles-ci furent résolues, le contrat de Dalton avait expiré et l'acteur n'a pas souhaité le renouveler. Le projet a donc été abandonné alors qu'un scénario était en cours d'écriture par le scénariste Michael France[6].

Genèse du projet[]

Une première version d'un scénario a été terminée en janvier 1994. L'antagoniste principal se nommait Augustus Trevelyan et la James Bond Girl avait pour nom Marina Varoskaya. Pour le réalisateur, le cinéaste hong-kongais John Woo était le premier choix des producteurs, principalement parce que les premières ébauches du scénario comportaient beaucoup de scènes d'action, mais bien qu'il fût flatté par la proposition, Woo l'a refusée[7]. Martin Campbell a finalement été choisi. Étant néo-zélandais, il est le premier réalisateur lié à la série de films à ne pas être britannique. Le compositeur Éric Serra, connu pour ses partitions des films Le grand bleu (1988) et Nikita (1990) de Luc Besson, remplace ici le musicien historique John Barry alors que Daniel Kleinman succède à Maurice Binder dans la conception du générique d'ouverture. Le chef décorateur Peter Lamont a repris son poste et était secondé du vétéran Syd Cain dans la réalisation des storyboards[5].

Albert Broccoli est décédé sept mois après la sortie du film et une dédicace lui a été faite dans Demain ne meurt jamais.

Distribution[]

Durant la pré-production de "Bond 17", les producteurs voulaient garder Timothy Dalton dans le rôle de James Bond alors que John Calley, le nouveau président de la société United Artists, souhaitait plutôt que l'espion soit incarné par Hugh Grant, Ralph Fiennes, Liam Neeson ou Pierce Brosnan. Neeson a décliné la proposition d'incarner Bond car il ne souhaitait pas être associé aux films d'action (bien que cela se produira des années plus tard avec le succès du thriller Taken (2008))[7]. Finalement, lors d'une conférence de presse le 8 juin 1994 au Regent Hotel de Londres, Barbara Broccoli et Michael G. Wilson ont annoncé que Brosnan sera le nouvel interprète du personnage. Lorsque Brosnan a été choisi pour le rôle, Broccoli lui a offert une première édition de Casino Royale lors de son anniversaire avec une note disant : "À un nouveau départ."[8], faisant référence au fait que le comédien avait presque joué Bond à la place de Dalton dans Tuer n'est pas jouer (1987) mais a dû s'écarter à cause de son contrat avec la série télévisée Les enquêtes de Remington Steele[8]. L'acteur britannique Paul McGann était en outre le deuxième choix si Brosnan refusait le rôle ou ne pouvait pas rejoindre le tournage[7].

Pour le rôle d'Alec Trevelyan, l'acteur britannique Anthony Hopkins a été suggéré mais il l'a refusé, tout comme Alan Rickman, qui a déclaré en avoir marre de jouer des méchants. Sean Bean a finalement été retenu après que le rôle ait été réécrit. Hopkins sera par la suite à nouveau pressenti pour incarner l'antagoniste Elliot Carver dans Demain ne meurt jamais, un rôle qui reviendra finalement à l'acteur Jonathan Pryce.

Les mannequins et actrices tchèques Paulina Porizkova et Eva Herzigová se sont vu offrir le rôle de Natalya Simonova qu'elles ont refusé pour des raisons non divulguées. L'actrice américaine Angie Everhart a également passé des auditions pour le rôle[4].

L'actrice et chanteuse allemande Ute Lemper s'est vu confier le rôle de Xenia Onatopp mais elle l'a refusé. Famke Janssen a finalement été choisie après que Martin Campbell ait admiré sa performance dans le film Le maître des illusions (1995)[4].

Tournage[]

L'antenne parabolique depuis laquelle Trevelyan contrôle le GoldenEye comme montrée dans le film.

Le tournage de GoldenEye a débuté le 16 janvier 1995 par les scènes impliquant Valentin Zukovsky[4]. En raison d'une blessure au doigt encore guérissable à l'époque, Pierce Brosnan ne pouvait pas tenir correctement son Walther PPK, faisant donc rater la première prise de la partie où il braque son arme sur Zukovsky. Son doigt a donc dû être collé au pistolet avec un pansement pour ne pas ruiner les prochaines prises[4][9]. En parallèle, les images de la montée de l'antenne parabolique ont été filmées en équipe réduite à l'observatoire d'Arecibo, au Porto Rico, dans les Caraïbes, où se trouve un radiotélescope utilisé dans le cadre du programme SETI (recherche d'intelligence extraterrestre), qui est ensuite notamment apparu dans le film Contact (1997) et dans un épisode de la série X-Files. Le superviseur des effets spéciaux Derek Meddings a construit une réplique de l'antenne pour pouvoir l'immerger et la détruire dans une explosion[5]. La production n'a exceptionnellement pas pu employer les studios de Pinewood, en Angleterre, le lieu de tournage habituel des films de la série, car ils étaient déjà réservés pour Lancelot, le premier chevalier (1995). Au lieu de cela, l'équipe a choisi une usine aéronautique désaffectée exploitée par Rolls-Royce à l'aérodrome de Leavesden, dans le Hertfordshire, où se trouvaient des hangars qui ont été aménagés en studios de cinéma[3] et ont permis d'améliorer des scènes tournées en extérieur. Michael Wilson a par la suite déclaré que les studios de Pinewood n'auraient de toute façon pas été assez vastes.

En février, la course-poursuite entre l'Aston Martin DB5 de Bond et la Ferrari de Xenia Onatopp a été filmée par la seconde équipe dirigée par Ian Sharp sur la côte d'Azur où Dominique Julienne, le fils du cascadeur Rémy Julienne, doublait Brosnan[5]. Martin Campbell a joué un des cyclistes renversés par le passage des deux bolides durant la scène. La première équipe tournait dans un même temps les scènes du casino et celles de la démonstration de l'hélicoptère Tigre dans le port de Monaco, sur le pont de la frégate La Fayette. Cette dernière, ainsi que le Tigre, ont été mis à la disposition de la production par la Marine française. Le gouvernement français a aussi autorisé l'utilisation des logos de la Marine pour la campagne promotionnelle du film. Néanmoins, les producteurs sont entrés en conflit avec le ministère de la Défense car Pierce Brosnan s'opposait aux essais d'armes nucléaires en France et était engagé dans le mouvement écologiste Greenplace ; en conséquence, la première française du film a été annulée. Le yacht Manticore dans lequel Onatopp tue l'amiral Chuck Farrel se nomme en réalité Northern Cross et appartient à l'entreprise Finn-Power[4].

La scène du saut à l'élastique comme montrée dans le film.

En mars, la scène d'ouverture du saut à l'élastique a été filmée au barrage de Contra (également appelé "barrage de Verzasca" ou "barrage de Locarno") dans le canton du Tessin, en Suisse. Brosnan y était doublé par le cascadeur Wayne Michaels, qui a également incarné Bernard Jaubert, un des pilotes du Tigre. Michaels avait sauté à 220 mètres au-dessus du sol, ce qui était à l'époque un record du monde du genre[5]. Pour la première fois dans la série, des images de synthèse numériques ont dû être utilisées à la fin de la cascade où Bond reprend le contrôle de l'avion en chute libre après que le cascadeur B.J. Worth n'ait pas pu filmer la cascade[3], apparemment à cause du fait que son visage était aspergé par le kérosène de l'appareil en état de marche. Les séquences de la scène de course-poursuite avec le char d'assaut T-55 ont bien été filmées à Saint-Pétersbourg où toute l'équipe s'est rendu en avril, bien que certains segments de la scène aient été tournés en studio à Leavesden où Peter Lamont a été chargé de reconstruire à l'identique les rues du centre-ville de la cité des Tsars, un travail qu'il a effectué en 46 jours. Le cascadeur Gary Powell conduisait un char T-54/55 prêté par le East England Military Museum auquel de faux panneaux blindés réactifs explosifs ont été ajoutés. La scène a été filmée à 16 images par seconde au lieu des 24 habituelles pour accentuer l'effet de vitesse. La scène a été filmée à 16 images par seconde au lieu des 24 habituelles pour accentuer l'effet de vitesse[5]. Pour la partie où le tank détruit un camion Perrier, 90 000 cannettes d'eau de la marque ont été utilisées[7]. Certaines scènes de Saint-Pétersbourg ont en outre été tournées à Londres, l'hippodrome d'Epsom Downs doublant ainsi l'aéroport dans lequel Bond rencontre Jack Wade, afin de réduire les dépenses et les problèmes de sécurité, la deuxième équipe envoyée en Russie ayant eu besoin de plus de gardes du corps. Le véritable siège du MI6 a été utilisé pour les extérieurs du bureau de M.

Le train blindé de Trevelyan comme il apparaît dans le film.

Les séquences impliquant le train blindé de Trevelyan ont été filmées sur le Nene Valley Railway, près de Peterborough, en Angleterre. Le train était constitué d'une locomotive diesel-électrique British Rail de classe 20 et d'une paire de voitures Mark 1, toutes trois modifiées pour ressembler à un train blindé soviétique. La partie où Bond arrête le train et sauve Natalya Simonova a été filmée à la gare de Feary Meadows, à Peterborough[5]. Brosnan et Sean Bean ont effectué eux-mêmes la plupart de leurs cascades lors de l'affrontement dans le noyau de l'antenne, mise à part une où l'un des deux est jeté contre un mur[4]. Brosnan avait néanmoins une phobie des hauteurs, si bien qu'il a dû être doublé, entre autres pour la séquence pré-générique et les confrontations finales sur l'antenne. Il gardait en outre une copie du roman Goldfinger (1959) de Ian Fleming avec lui afin de mieux apprécier l'ampleur du travail qu'il effectuait[7]. Famke Janssen a également effectué certaines de ses cascades dans la scène de course-poursuite au début du film mais a en revanche été doublée lorsqu'elle pilote le Tigre[4]. Lors du tournage de l'affrontement entre Bond et Onatopp dans les bains thermaux, Janssen a demandé à Brosnan de le cogner contre le mur de toutes ses forces afin de rajouter du réalisme à l'action. L'actrice s'est alors cassé une côte en tournant la séquence[9]. Brosnan et Janssen était aussi engagés dans une relation à l'époque du film ce qui a contribué à la chimie entre leurs personnages tout en enchantant la presse tabloïd[7].

Le tournage a pris fin le 6 juin 1995.

Sortie[]

L'avant-première mondiale de GoldenEye s'est tenue le 13 novembre 1995 au Radio City Music Hall de New York alors que sa sortie générale aux États-Unis était fixée au 17 novembre 1995. La première mondiale au Royaume-Uni a quant à elle eu lieu le 21 novembre à l'Odeon Leicester Square, à Londres, en présence du prince Charles, et sa sortie générale dans le pays a eu lieu trois jours plus tard. Le film a également été présenté en première allemande le 5 décembre au Mathäser-Filmpalast de Munich en présence de Pierce Brosnan, et sa sortie dans le pays était prévue pour le 28 décembre, alors que la première suédoise s'est tenue le 8 décembre au Rigoletto de Stockholm en présence de Brosnan et de Scorupco, et il est sorti le même jour en Suède. Brosnan a dans un même temps boycotté la première française annulée, reprochant au gouvernement de soutenir la protestation vis-à-vis du Greenplace contre le programme d'essais nucléaires.

GoldenEye a rapporté plus de 26 000 000 $ dans 2 667 salles aux États-Unis et au Canada lors de son ouverture. Au Royaume-Uni, il a rapporté 5,5 millions de dollars, un montant record pour un week-end non férié, dans 448 cinémas, étant ainsi le troisième plus gros succès de l'année derrière Jurassic Park et Batman Forever. En France, le métrage a totalisé 3 493 610 entrées dont 796 602 à Paris[2]. GoldenEye a culminé à la quatrième place du box office mondial de 1995, ce qui en fait le film de James Bond le plus réussi financièrement depuis Moonraker (1979) en tenant compte de l'inflation[3]. Il était également le film le plus rentable de la série après l'ajustement de l'inflation, bien qu'il a ensuite été dépassé par Le monde ne suffit pas (1999).

Produits dérivés[]

Un des facteurs ayant contribué au succès de GoldenEye est vraisemblablement ses produits dérivés, notamment ses multiples adaptations en jeux-vidéos. Le film a dans un premier temps été adapté en roman durant son année de sortie par l'écrivain britannique John Gardner, qui avait déjà écrit celle de Permis de tuer, six ans auparavant. L'intrigue du livre suit fidèlement celle du film mais comporte des scènes inédites, incluant notamment certaines scènes coupées. Il est notamment précisé que la mission de Bond et d'Alec dans le pré-générique consiste à détruire l'usine d'armement chimique à l'oblast d'Arkhangelsk afin de stopper (ou au moins de ralentir) les Russes dans leur élaboration d'une arme biologique extrêmement meurtrière. Le roman rajoute également aussi une scène où Jack Wade aide Bond et Natalya Simonova à quitter la Russie après l'explosion du train blindé, alors qu'ils sont recherchés par l'armée russe[10].

Deux ans plus tard, l'entreprise multinationale japonaise Nintendo, qui a auparavant obtenu les droits d'EON Productions pour réaliser un jeu-vidéo basé sur le prochain film de James Bond, a publié GoldenEye 007, l'adaptation du film en jeu-vidéo développée par la société britannique Rare. Le jeu a été unanimement salué par la critique, notamment parce qu'il est le premier jeu de tir à la première personne à intégrer des éléments d'infiltration et à atteindre un réalisme relativement poussé avec des ennemis dotés d'une intelligence artificielle. Il propose également des scènes inédites, des niveaux bonus mettant en scène des personnages emblématiques de la franchise dont Requin, l'homme de main aux dents d'acier apparu dans L'espion qui m'aimait (1977) et Moonraker (1979), ou encore un mode multijoueur jouable jusqu'à quatre personnes en écran divisé.

En 2004, la société Electronic Arts a publié le jeu-vidéo GoldenEye : Au service du mal dans lequel Xenia Onatopp apparaît également. Néanmoins, malgré son titre et le fait qu'il fasse partie de l'univers de James Bond, celui-ci n'a aucun rapport avec le film ou le jeu GoldenEye 007, en dehors de la présence Xenia Onatopp, et a donc été hué par les critiques, qui l'accusaient notamment d'avoir essayé de profiter du succès de GoldenEye 007 en reprenant une partie de son titre. Contrairement à la très grande majorité des médias de la série, GoldenEye : Au service du mal n'offre qu'un petit rôle à James Bond car le joueur incarne cette fois le personnage titulaire, un ancien agent du MI6 considéré comme un traître qui a perdu son œil lors d'un conflit avec le Dr. Julius No. Il est alors employé par le riche homme d'affaires et agent criminel Auric Goldfinger pour éliminer son ennemi tout en protégeant l'OMEN, une arme dévastatrice que ses scientifiques ont conçue. Le jeu présente donc l'originalité de se dérouler du côté des antagonistes et d'incarner un personnage inédit et absent de la série de films.

En 2010, l'entreprise Activision a publié GoldenEye 007, un remake du jeu de 1997. Le joueur incarne à nouveau James Bond, qui est cette fois sous les traits de l'acteur britannique Daniel Craig, le successeur de Pierce Brosnan dans les films. Ce nouveau jeu met lui aussi en scène les personnages principaux apparus dans son prédécesseur comme Alec Trevelyan, Natalya Simonova, Xenia Onatopp, Arkady Ourumov ou encore Valentin Zukovsky mais a radicalement modifié leurs apparences physiques, les laissant tous être interprétés par des acteurs différents.

Médias[]

Photos[]

Vidéos[]

Notes[]

  • GoldenEye est de loin le film de James Bond le plus apprécié de la période de Pierce Brosnan, notamment parce qu'il a brillamment re-modernisé la série pour les temps modernes après une pause record de six ans. L'évolution des personnages a également été saluée, le Bond de Brosnan étant parfois considéré comme un hommage aux précédents (intégrant le charisme de Sean Connery, l'humour caractéristique de Roger Moore et l'aspect plus sombre des films de Timothy Dalton), Alec Trevelyan étant le premier méchant à avoir des motivations compréhensibles et à avoir une connexion personnelle avec Bond, Xenia Onatopp étant considérée comme une des femmes fatales les plus célèbres et réussies de la franchise et le M de Judi Dench ayant marqué un changement de rythme rafraîchissant en étant la première femme à devenir la supérieure de Bond tout en ayant critiqué l'attitude de Bond par la phrase culte "Je vous trouve sexiste, misogyne et dinosaure !". Les trois prochains films de Brosnan ont quant à eux été critiqués pour leur humour trop présent, leur manque de réalisme et leur utilisation abondante d'effets spéciaux, en particulier Meurs un autre jour, qui est même parfois considéré comme l'un des pires opus de la série.

Une femme montrée dans le générique d'ouverture en train de détruire le marteau et la faucille, symbole graphique du communisme.

  • C'est le premier film de James Bond à être produit après la chute du mur de Berlin et l'effondrement de l'Union soviétique. La chute du communisme en Russie est d'ailleurs le centre principal du générique d'ouverture, qui montre la destruction de plusieurs symboles liés à l'URSS par des femmes.
  • Bien que le film présente beaucoup de personnages russes, aucun de leurs interprètes ne l'est véritablement (Izabella Scorupco (Natalya Simonova) est polonaise et suédoise, Gottfried John (Arkady Ourumov) est allemand, Alan Cumming (Boris Grishenko) et Robbie Coltrane (Valentin Zukovsky) sont écossais et Tchéky Karyo (Dimitri Mishkin) est français).
  • Il s'agit du film dans lequel Bond tue le plus de personnes, ayant un total de 47 victimes.
  • GoldenEye est le premier film de la série à être sorti en DVD[4].
  • C'est le seul film de James Bond avec Brosnan qui ne se termine pas avec 007 ayant des rapports sexuels avec la James Bond Girl, bien que Bond et Natalya Simonova soient emmenés ensemble dans les hélicoptères des Marines pour quitter la jungle cubaine au moment où le film se termine.
  • C'est également le seul opus de la série dont le pré-générique se déroule à une époque différente du reste du film.
  • Brosnan n'avait pas vu les deux films de Timothy Dalton avant de commencer ce film car cela lui rappelait la période où la série Les enquêtes de Remington Steele l'a empêché de décrocher le rôle de Bond[8].

Références[]

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