Anya: "[Montrant la photo de Barsov] Vous le reconnaissez ?"
James Bond: "Non. Qui est-ce ?"
Anya: "L'homme que j'aimais. Il était à Berngarten il y a trois semaines. Vous l'avez tué."
James Bond: "Quand un type à ski dévale derrière vous à plus de 70 km/h en essayant de vous loger une balle dans le dos, on n'a pas toujours le temps de bien voir son visage. Dans notre métier, on peut se faire tuer. Vous et moi, nous le savons. Il le savait aussi, c'était lui ou moi. Pour en revenir à votre question, oui. Oui, je l'ai tué."
Anya: "Alors, quand cette mission sera finie, je vous tuerai aussi."
―Anya Amasova et James Bond[src]

L'espion qui m'aimait (The Spy Who Loved Me en version originale) est un long-métrage d'espionnage réalisé par Lewis Gilbert et sorti en 1977. Il s'agit du dixième volet de la série des films de James Bond produite par EON Productions. L'acteur britannique Roger Moore endosse ici le rôle de James Bond pour la troisième fois consécutive et donne la réplique à l'actrice britannique Barbara Bach, qui interprète l'agent soviétique Anya Amasova. L'espion qui m'aimait marque par ailleurs la première des deux apparitions cinématographiques du tueur Requin, personnage emblématique de la franchise. Un autre personnage récurrent de la franchise, le général Anatol Gogol, fait également sa première apparition dans ce film. Il apparaîtra ensuite dans tous les films jusqu'à Tuer n'est pas jouer (1987).

Par ailleurs, L'espion qui m'aimait est le premier film de James Bond à avoir fait l'objet d'une adaptation en roman. Celle-ci a été écrite par Christopher Wood, qui est également l'un des scénaristes du film, et est sortie en France sous le titre James Bond, l'espion qui m'aimait.

Synopsis[modifier | modifier le wikicode]

Alors que les tensions géopolitiques de la guerre froide sont toujours installées, un sous-marin britannique, le HMS Ranger, et un autre soviétique, le Potemkin, tous deux transportant des missiles balistiques intercontinentaux, disparaissent dans de mystérieuses circonstances. Le gouvernement britannique charge l'agent "00" du MI6 James Bond d'enquêter sur l'incident alors que le KGB mobilise pour sa part un de ses meilleurs éléments, le major Anya Amasova. Cependant, alors qu'il est relevé d'urgence de sa mission actuelle à Berngarten, dans les Alpes autrichiennes, Bond est poursuivi à ski par quatre agents du KGB et tue l'un d'eux avant de faire une échappée spectaculaire en parachute. Le commandeur est ensuite envoyé au Caire, en Égypte, pour y débuter l'enquête alors qu'il est révélé que Sergei Barsov, l'homme qu'il a tué, était l'amant d'Anya, qui jure alors de se venger sans encore connaître l'identité de son meurtrier mais accepte toutefois sa mission.

Au même moment, un entrepreneur maritime du nom de Karl Stromberg convoque deux scientifiques à bord de l'Atlantis, une citadelle océanique au milieu de l'océan Atlantique lui servant de centre de recherche. Les deux hommes ont mis au point un système de suivi de sous-marins par reconnaissance de signature thermique qui a été subtilisé et vendu sur le marché noir par la secrétaire de Stromberg que l'homme d'affaires élimine aussitôt avant de tuer les scientifiques désormais inutiles. Il charge ensuite ses hommes de mains Requin - un imposant tueur à gages de 2, 18 m portant des dents en acier - et Sandor de récupérer la copie microfilmée contenant le système de suivi. Voyageant à travers l'Égypte, Bond et Amasova parviennent à récupérer le microfilm aux mains de Requin suite à plusieurs péripéties avant que leurs supérieurs respectifs ne décident de s'associer dans leur enquête commune afin d'améliorer la relation entre leurs deux nations. Le microfilm est alors analysé et permet d'établir que son propriétaire est Stromberg, qui paraît alors être le responsable des vols des sous-marins.

Bond étant confronté à Requin.

Alors qu'ils voyagent en train jusqu'en Sardaigne, en Italie, afin de rencontrer Stromberg, Bond et Anya sont à nouveau confrontés à Requin et lorsque 007 sauve son homologue soviétique du tueur géant, les deux espions commencent à entretenir une relation amoureuse malgré l'opposition de leurs pays dans la guerre froide. Sous l'identité d'un biologiste marin et de sa femme, le duo rencontre Stromberg à bord de l'Atlantis et découvre que le riche industriel tente supposément de bâtir une cité sous-marine tout en sauvant l'humanité des problèmes en cours et qu'il possède le Liparus, le deuxième plus gros navire du monde en terme de tonnage. Malheureusement, Bond et Anya sont démasqués et Stromberg envoie alors plusieurs sbires à leurs trousses dont Requin et sa pilote Naomi. Au terme de plusieurs courses-poursuites spectaculaires, le duo échappe à leurs poursuivants grâce à l'équipement spécial de la Lotus conduite par 007, qui est notamment capable de se transformer en sous-marin. De retour à leur hôtel, Bond et sa partenaire établissent que le Liparus n'a fait aucune escale au cours des six derniers mois, puis Amasova se rend compte que son partenaire a tué Barsov et jure alors de l'éliminer en retour une fois que leur mission sera terminée.

Bond et Anya étant capturés par les hommes de Stromberg.

Plus tard, le binôme monte à bord d'un sous-marin américain, l'USS Wayne, afin d'examiner le Liparus mais le pétrolier capture également ce sous-marin (sa proue se compose de portes d'étrave lui permettant d'engloutir jusqu'à trois sous-marins) alors que son équipage est forcé de se rendre auprès de l'armée de Stromberg et est emprisonné avec les équipages du Ranger et du Potemkin, détenus à bord du Liparus depuis tout ce temps. Ayant reconnu Bond et Anya parmi les marins, Stromberg leur apprend que son objectif est d'amener le Ranger et le Potemkin à tirer des missiles sur New York et Moscou pour aggraver les tensions en cours entre les États-Unis et l'Union soviétique, déclenchant un holocauste nucléaire qui détruira le monde et lui permettra de créer une nouvelle civilisation sous l'océan. Alors que l'antagoniste quitte le Liparus pour monter à bord de l'Atlantis avec Anya, 007 se libère de l'emprise des ennemis et délivre les marins capturés avant de s'allier à eux pour engager les hommes de Stromberg dans une bataille longue et intense au terme de laquelle ils prennent le contrôle du navire malgré de lourdes pertes subies dans les deux camps. Les protagonistes parviennent finalement à détruire l'armure blindée de la salle des opérations du pétrolier et reprogramment les tirs du Ranger et du Potemkin pour les amener à se détruire l'un et l'autre, contrecarrent ainsi les plans de Stromberg. Bond et ses cohortes échappent enfin au naufrage du Liparus et fuient à bord du Wayne.

Suite à cela, le Wayne reçoit l'ordre de détruire l'Atlantis mais Bond négocie auprès du commandant du navire pour avoir le temps de sauver Anya. Montant à bord de l'Atlantis, l'agent du MI6 tue Stromberg après une dernière confrontation avant de faire à nouveau face à Requin qu'il laisse ironiquement tomber dans un bassin où se trouve un requin, bien que l'assassin parvienne à tuer le poisson avant ses dents en acier avant de s'échapper. Libérant Anya alors que le Wayne détruit l'Atlantis avec deux torpilles, Bond fuit avec cette dernière dans une sonde de survie et échappe de peu au naufrage de la citadelle. Cependant, Anya tente encore de tuer 007 pour venger la mort de Barsov mais ce dernier use de ses charmes pour la convaincre d'abandonner sa croisade et ils couchent dans la sonde alors qu'elle est récupérée par un navire de la flotte britannique, laissant leurs supérieurs choqués et embarrassés.

Distribution[modifier | modifier le wikicode]

Production[modifier | modifier le wikicode]

Suite à la production du neuvième film de la franchise James Bond, L'homme au pistolet d'or (1974), il était déjà prévu que le prochain film sera L'espion qui m'aimait, comme cela était mentionné après le générique de fin de L'homme au pistolet d'or. Le long-métrage doit son titre au roman Motel 007 dont le titre originale est "The Spy Who Loved Me", de l'écrivain et ancien espion britannique Ian Fleming, le créateur du personnage de James Bond. Lorsque ce dernier avait vendu au producteur canadien Harry Saltzman les droits de ses romans, il lui avait interdit de reprendre autre chose que le titre lors de son adaptation au grand écran, n'étant lui-même pas satisfait de son roman qui est très particulier du point de vue que c'est le seul roman portant sur James Bond à avoir une narration à la première personne et que l'agent 007 faisait sa première apparition seulement vers la moitié du livre.

La production du film L'espion qui m'aimait a cependant été retardée car Harry Saltzman avait dû céder ses parts d'EON Productions, la société de production des James Bond, et de Danjaq, société qui détient les droits sur les romans, à la société de distribution américaine United Artists suite à plusieurs problèmes juridiques. Le Canadien s'était apparemment lancé dans plusieurs autres entreprises douteuses et devait faire face à de gros problèmes financiers ainsi qu'au cancer terminal de sa femme.

Guy Hamilton, le réalisateur des derniers films de la franchise, devait à l'origine être le réalisateur de ce nouveau film et avec le producteur Albert R. Broccoli, il avait rencontré le célèbre romancier britannique Anthony Burgess, qui était également un grand fan de Ian Fleming, afin de lui proposer de rédiger le script du film. Hamilton et Broccoli ont bien entendu préciser que l'intrigue devait être une histoire originale et qu'elle ne devait pas avoir de lien autre que le titre avec le roman de Ian Fleming. Burgess, assez réticent, s'était finalement lancé dans l'écriture et rend un travail aux deux hommes. Ces derniers, nullement impressionnés par le travail du romancier, ont même pensés qu'il n'avait pas prit son travail au sérieux et l'ont apparemment renvoyés[1]. Ils ont ensuite demandés à plusieurs autres écrivains de faire le travail. Un certain Cary Bates avait conçu un scénario où James Bond affronte l'organisation du SPECTRE qui serait dirigée par un certain Hugo Drax et avec l'aide de la James Bond Girl Tatiana Romanova, présente dans le roman et le film Bons baisers de Russie[1]. Broccoli, contrarié, a estimé que tous les écrivains avaient trop tendance à partir dans le comique et a alors décidé de faire appel à Richard Maibaum, un scénariste qui avait contribué aux scripts d'un très grand nombre des films de la franchise. Maibaum a alors eu l'idée d'introduire une espionne russe qui se nommerait Anya Amasova[1]. En revanche, imaginer l'antagoniste n'était pas une tâche facile et Maibaum envisageait aussi de faire réapparaître le SPECTRE. Seulement, suite à des poursuites judiciaires des années 1960 qui opposaient Ian Fleming au scénariste irlandais Kevin McClory, lequel l'attaquait pour plagia, le retour du SPECTRE dans ce film ne pouvait être envisageable.

Maibaum avait conçu un scénario où des Asiatiques attaquaient la base du SPECTRE tout en éliminant apparemment son leader, Ernst Stavro Blofeld. Les assaillants reprenaient ensuite le contrôle de l'organisation criminelle et cherchaient à l'utiliser pour détruire les champs pétrolifères du monde. Pour parvenir à leurs fins, ils voulaient capturer des sous-marins nucléaires. Broccoli avait apprécié ce nouveau script mais l'avait parallèlement jugé trop politique et réaliste. Guy Hamilton, lui, avait finalement quitté le projet pour rejoindre celui du film Superman (1978). La production devait donc impérativement trouver un réalisateur et ce facteur a également retardé la production. Ainsi donc, le célèbre cinéaste Steven Spielberg, alors en pleine post-production du film Les dents de la mer (1975), a été l'un des premiers à être approché par Broccoli. Ce dernier s'inquiétait de son inexpérience[2]. De plus, suite au large succès de Les dents de la mer, Broccoli a préféré se tourner vers le cinéaste britannique Lewis Gilbert, qui avait déjà réalisé un autre film de James Bond, On ne vit que deux fois (1967). Il avait emmené avec lui le romancier britannique Christopher Wood afin qu'il collabore avec Maibaum[1].

Maibaum a finalement décidé de réutiliser un script antérieur du film Les diamants sont éternels (1971) dans lequel le frère jumeau du méchant Auric Goldfinger possédait un pétrolier équipé d'un laser. Le personnage a cependant été renommé Stavros et capturait des sous-marins nucléaires afin son pétrolier appelé Leparus/Lepadus. Il avait désormais un puissant homme de main nommé Requin, qui mourrait dans un four crématoire à la fin du script[1]. Tom Mankiewicz, scénariste des deux films de James Bond antérieurs, vient en aide à Maibaum et à Wood. Le script a finalement été écrit en deux versions : l'une avec Stavros et l'autre avec Ernst Stavro Blofeld. Seulement, comme son personnage avait été utilisé, Kevin McClory attente un procès contre EON Productions en 1976. Entretemps, Broccoli avait envisagé que Blofeld réussisse à s'enfuir à la fin de l'histoire et qu'il se fasse tuer dans le pré-générique du film suivant, Rien que pour vos yeux. Cependant, à cause du risque de poursuites judiciaires, le méchant a été renommé en Karl Stromberg mais il possédait encore les caractéristiques de Blofeld (chauve, caresse un chat blanc) et il est finalement décidé de l'enlever complètement du script[1].

À l'origine, Stromberg devait être un ancien nazi qui regrettait le temps des fours crématoires, voulait créer une race supérieure et vivrait dans une cité sous-marine. Finalement, lorsque l'acteur autrichien Curd Jürgens a obtenu le rôle de l'antagoniste, plusieurs modifications ont étés apportées à son personnage, jusqu'à ce qu'il devienne celui que connaît le grand public[1].

Vidéos[modifier | modifier le wikicode]

Note[modifier | modifier le wikicode]

  • Avec Rien que pour vos yeux, L'espion qui m'aimait était le film de James Bond préféré de Roger Moore parmi ceux dans lesquels il avait joué. Ainsi, afin de rendre hommage à l'acteur après son décès en 2017, les deux films ont été ressortis au cinéma dans des territoires limités dans le monde et 50% des bénéfices des projections sont allés à l'UNICEF pour lequel Moore était ambassadeur de bonne volonté[3].

Références[modifier | modifier le wikicode]

  

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