James Bond
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Drax: "James Bond. Vous réapparaissez aussi inévitablement que la mauvaise saison."
James Bond: "J'ignorais jusque-là qu'il y eut des saisons dans l'espace."
Drax: "En ce qui vous concerne, il n'y aura que l'hiver."
―Hugo Drax et James Bond[src]

Moonraker est un film d'espionnage et de science-fiction franco-britannique réalisé par le cinéaste Lewis Gilbert et sorti en 1979. C'est le onzième volet de la série de films de James Bond produite par Albert R. Broccoli par l'intermédiaire de sa société EON Productions et le quatrième à mettre en scène l'acteur britannique Roger Moore dans le rôle de l'agent du MI6 éponyme. C'est également l'adaptation cinématographique du roman Moonraker (1955) de Ian Fleming, bien qu'il ne reprenne en réalité qu'une seule scène du livre. L'histoire était destinée à devenir un film avant que Fleming n'ait achevé le roman car l'auteur s'était basé sur un manuscrit de scénario qu'il avait lui-même rédigé. Moonraker est le dernier livre de Fleming à avoir été adapté au cinéma avant Casino Royale (2006).

Le scénario a été écrit majoritairement par Christopher Wood et suit James Bond alors qu'il enquête sur le vol d'une navette spatiale Moonraker, ce qui l'amène à interférer avec les opérations de l'entrepreneur américain Hugo Drax, qui est pourtant le propriétaire de l'entreprise responsable de la construction de la navette. Accompagné par la scientifique et espionne américaine Holly Goodhead, l'agent 007 suit une piste de la Californie à Venise, Rio de Janeiro, la forêt amazonienne et finalement dans l'espace pour empêcher un complot visant à éliminer la population mondiale et à recréer l'humanité avec une race maîtresse. Outre Moore, Moonraker met également en scène l'acteur français Michael Lonsdale dans le rôle d'Hugo Drax ainsi que l'actrice américaine Lois Chiles dans le rôle d'Holly Goodhead alors que Richard Kiel a repris son rôle iconique du tueur aux dents d'acier Requin du film précédent, L'espion qui m'aimait (1977). Comme indiqué au générique de fin de ce dernier film, les producteurs avaient initialement l'intention de réaliser Rien que pour vos yeux (1981), mais ont choisi Moonraker en raison de la montée en puissance du genre de la science-fiction dans le sillage du phénomène Star Wars. Le film a été tourné principalement en France, mais aussi en Italie, au Brésil, au Guatemala et aux États-Unis. Les studios de Pinewood en Angleterre, traditionnellement utilisés pour les séries, n'ont exceptionnellement servi que pour l'équipe des effets spéciaux.

Le budget de Moonraker est estimé à 34 000 000 $[1] et il est donc supérieur à ceux des six premiers films d'EON cumulés. Il a rapporté plus de 210 300 000 $ (742 000 000 $ en avril 2019[2]) au box-office mondial, ayant été le film de James Bond le plus rentable jusqu'à la sortie de GoldenEye (1995). Il a néanmoins reçu des critiques mitigées, principalement en raison de son humour jugé trop présent et du fait qu'il se déroule en partie dans l'espace, un concept considéré comme inapproprié pour un film de James Bond. Néanmoins, les effets visuels du film ont été salués, Derek Meddings étant nommé pour l'Oscar des meilleurs effets visuels. En outre, comme L'espion qui m'aimait, Moonraker a fait l'objet d'une adaptation en roman par Christopher Wood lui-même alors que plusieurs parties de son intrigue ont été "ré-imaginées" pour le jeu-vidéo de 2012 007 Legends dans lequel Michael Lonsdale a repris son rôle.

Synopsis[]

Le vol d'un Boeing 747 transportant une navette spatiale "Moonraker" conçue par l'entreprise américaine Drax Industries et devant être prêtée au gouvernement britannique est détourné, entraînant la destruction de l'avion sans que l'épave de la navette ne soit retrouvée. Le chef du MI6, Miles Messervy, confie l'enquête à son meilleur élément, James Bond 007 mais ce dernier est attaqué dans le jet privé Apollo qui le ramène de sa mission actuelle par l'assassin professionnel Requin (dont il a déjà croisé la route dans L'espion qui m'aimait) mais après un combat en chute libre avec un des complices de ce dernier, l'espion protagoniste survit et laisse son ennemi pour mort lorsqu'il s'écrase dans le chapiteau d'un cirque.

Décidant de débuter l'enquête en rencontrant Hugo Drax, le propriétaire de la navette, à l'usine où sont fabriquées les navettes en Californie, mais ce dernier s'avère fourbe car il tente de le faire tuer par son homme de main Chang dans une centrifugeuse. Sauvé in extremis par un gadget mis à sa disposition par Q, le quartier-maître du MI6, Bond couche ensuite avec Corinne Dufour, l'assistante et pilote de Drax, qui l'aide involontairement à trouver un coffre-fort dans lequel se trouvent des documents qui mènent 007 à Venise, en Italie. Dans un même temps, Drax découvre la supposée trahison de son employée à cause de Chang et fait impitoyablement tuer celle-ci par ses dobermans de compagnie.

À Venise, Bond enquête sur un magasin de verrerie lié à Drax et tombe nez-à-nez avec Holly Goodhead, une astronaute déjà aperçue dans le domaine de Drax en Californie. Après avoir survécu à des sbires de l'industriel qui le poursuivaient sur les canaux, l'employé du MI6 découvre le soir-même un laboratoire secret où des scientifiques développent un gaz neurotoxique mortel pour les humains mais inoffensif pour les animaux et les plantes. Dans un même temps, 007 est attaqué par Chang qu'il affronte longuement dans la verrerie tout en découvrant que les ressources de Drax s'étendent jusqu'à Rio de Janeiro, au Brésil. Après avoir tué Chang, il rejoint Goodhead à sa chambre d'hôtel et se rend compte qu'elle est un agent de la CIA enquêtant sur Drax avant de coucher avec elle. Le Britannique conserve également un échantillon de la toxine qu'il remet à M pour le faire analyser avant d'être autorisé à poursuivre son enquête à Rio de Janeiro. Dans un même temps, Drax décide d'engager Requin, toujours vivant, en remplacement de Chang.

Bond étant confronté à Requin.

Au Brésil, Bond survit à plusieurs tentatives d'assassinat de Requin tout en rencontrant Goodhead à nouveau. Après une de leurs confrontations, le tueur aux dents d'acier rencontre Dolly, une jeune femme myope dont il tombe amoureux. Dans un même temps, les sbires de Drax capturent Goodhead alors que Bond s'échappe à nouveau et apprend que la toxine provient d'une orchidée rare dans la forêt amazonienne. Après avoir survécu une nouvelle fois à Requin et à ses complices, l'agent "00" localise la base de Drax, qui le capture après avoir échoué à le faire tuer par un python. Dans une salle de contrôle, ils assistent aux décollages de quatre navettes Moonraker alors que Drax révèle qu'il a volé sa propre navette lorsqu'elle a subi un montage défectueux. Le milliardaire misanthrope tente ensuite de brûler vif Bond et Goodhead, également dans la base, avec les réacteurs d'une cinquième navette qui décolle. Le duo s'échappe et prend la place de deux sbires dans une autre navette avant de suivre Drax et ses cohortes dans l'espace où ils découvrent l'existence d'une immense station spatiale rendue indétectable au radar par un système de brouillage.

Bond et Holly découvrant les plans de Drax.

À l'intérieur de la station, Drax expose les détails de son plan visant à lâcher 50 sphères contenant sa toxine à des endroits stratégiques sur la Terre pour anéantir tous ses habitants avant qu'il ne repeuple la planète avec des hommes et des femmes qui seraient parfaitement constitué et qu'il a lui-même sélectionné. 007 et Goodhead désactivent cependant le système de brouillage pour permettre à la station d'être visible à Washington, amenant l'US Air Force à envoyer une unité de soldats armés dans l'espace pour enquêter. Le binôme est ensuite à nouveau capturé par Requin et alors que Drax tente de faire expulser Goodhead et lui dans l'espace par l'homme de main géant via un SAS inter-spatial, Bond fait subtilement remarquer à celui-ci que Dolly et lui seront euthanasiés car ils ne correspondent pas aux critères idéaux de Drax. En conséquence, Requin se retourne contre son employeur et au cours de la bataille spatiale subséquente qui oppose Bond, Goodhead, Requin et les soldats américains à Drax et à son armée, le commandeur tire sur l'antagoniste avec une fléchette empoisonnée avant d'expédier son corps dans l'espace, le tuant. Alors que la station spatiale est détruite et que les Marines évacuent les installations, Requin et Dolly aident Bond et Goodhead à prendre le contrôle d'une des navettes Moonraker pour pister les trois sphères de gaz lancées par Drax avant qu'elles n'atteignent la Terre. Les deux amoureux sont ensuite récupérés par les Marines après avoir été sauvés par une capsule de sauvetage. Alors que Bond et Goodhead font l'amour en apesanteur après avoir détruit les trois sphères avec le laser de la navette, les images de leur ébats sont retransmises en direct à leurs supérieurs à la Maison-Blanche et au Buckingham Palace, à la surprise de ces derniers.

Distribution[]

Production[]

Genèse du projet[]

Comme indiqué précédemment, le générique de L'espion qui m'aimait indiquait "James Bond reviendra dans Rien que pour vos yeux" mais les producteurs ont finalement choisi le roman Moonraker comme base du film suivant suite au succès au box-office du film de science-fiction Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir (1977)[2]. La production de Rien que pour vos yeux a donc été retardée mais a suivi celle de Moonraker.

Le scénariste Tom Mankiewicz avait écrit une courte ébauche pour Moonraker mais celle-ci a été en grande partie abandonnée. Selon Mankiewicz, les séquences tournées dans les repaires d'Hugo Drax étaient considérablement plus détaillées que le résultat monté dans la version finale. Toutefois, certaines idées du scénario de Mankiewicz ont par la suite été retravaillées, ayant été utilisées notamment dans le pré-générique de Octopussy (1983) et la scène de la tour Eiffel de Dangereusement vôtre (1985). Comme susmentionné, le film ne reprend que très peu d'éléments du roman à l'exception de la présence de Drax et la scène où Bond et sa partenaire manquent d'être brûlés vifs par les réacteurs d'une fusée.

En 1978, le cinéaste à succès Steven Spielberg a été pressenti pour réaliser le film après le succès de son film Rencontres du troisième type (1977) mais Albert R. Broccoli l'a refusé[3]. Lewis Gilbert est finalement revenu à la réalisation après avoir mis en scène On ne vit que deux fois (1967) et L'espion qui m'aimait.

Distribution[]

Son contrat initial stipulant qu'il apparaîtra dans trois films étant arrivé à échéance après L'espion qui m'aimait, Roger Moore n'était pas certain de revenir dans ce film et des négocations ont donc eu lieu entre Albert Broccoli et lui. L'acteur a finalement signé un contrat en janvier 1978 pour jouer dans Rien que pour vos yeux, bien que le film soit ensuite devenu Moonraker[4].

Pour le rôle d'Hugo Drax, l'acteur français Louis Jourdan a été envisagé, tout comme le chanteur Frank Sinatra, avant que Michael Lonsdale n'ait été choisi[5][6]. Jourdan obtiendra plus tard le rôle du méchant Kamal Khan dans Octopussy.

L'actrice française Carole Bouquet a auditionné pour le rôle d'Holly Goodhead avant que Lois Chiles ne l'ait décroché après avoir rencontré Lewis Gilbert par hasard dans un voyage en avion[4]. Bouquet interprétera la James Bond Girl vengeresse Melina Havelock dans Rien que pour vos yeux.

Tournage[]

Le tournage de Moonraker a eu lieu du 14 août 1978 au 27 février 1979. Le film n'a pas pu être tourné dans les studios de Pinewood en raison de taxes trop contraignantes au Royaume-Uni à cette époque et un plateau énorme a donc été construit par Ken Adam dans les studios d'Épinay-sur-Seine, en France. Seuls les intérieurs du téléphérique et les extérieurs de la bataille spatiale ont été tournés à Pinewood. La base spatiale créée par Ken Adam a coûté 7 600 000 $ pour une longueur de 1 800 m2[2]. Les décors conçus par Adam étaient à l'époque les plus grands jamais construits en France et ont nécessité plus de 222 000 heures de travail (environ 1 000 heures pour chaque membre de l'équipe, en moyenne). De nombreuses scènes du film ont été tournées dans les villes de Londres, Paris, Venise, Palmdale, Port Sainte-Lucie et Rio de Janeiro. La production avait envisagé l'Himalaya, l'Inde[2] et le Népal comme lieux de tournage mais après des voyages de repérage, il a été convenu de ne pas utiliser ces pays car il était difficile de les intégrer dans le scénario, en particulier compte tenu des contraintes de temps. Le choix de Rio de Janeiro s'est imposé relativement tôt car Albert Broccoli s'y était rendu en vacances et une équipe dirigée par Lewis Gilbert et le chef opérateur Claude Renoir y a été envoyée en début 1978 pour filmer les premières images du carnaval, qui figurent dans le film[2].

La scène où Bond arrive à Rio de Janeiro comme elle est montrée dans le film.

Sur le site de Rio de Janeiro, plusieurs mois plus tard, Roger Moore est arrivé sur le plateau avec plusieurs jours de retard en raison de problèmes de santé récurrents et d'une crise de calculs rénaux dont il avait souffert lors d'un séjour en France. À son arrivée, Moore a été immédiatement sorti de l'avion pour être coiffé et maquillé avant d'être à nouveau conduit dans l'avion pour filmer la séquence où il arrive dans la ville. Le mont Sugarloaf était un lieu important du film et, pendant le tournage de la séquence du téléphérique en plein vol dans laquelle Bond et Holly Goodhead sont attaqués par Requin, le cascadeur Richard Graydon a glissé et a évité de justesse une chute mortelle[2]. Pour la scène dans laquelle Requin mord le câble d'acier du tramway avec ses dents, le câble était en réalité fait de réglisse, bien que Kiel ait réellement dû utiliser son dentier en acier.

Les chutes d'Iguazu, dans le sud du Brésil, ont été utilisées dans le film, bien que, comme le note Q, les chutes étaient censées se trouver quelque part dans le bassin supérieur du fleuve Amazone. La seconde équipe dirigée par John Glen voulait originellement faire passer un vrai bateau par-dessus les rochers mais en tentant de filmer la scène, le bateau s'est encastré dans des rochers au bord de la falaise. L'équipe a alors tenté de récupérer le bateau à l'aide d'un hélicoptère et d'une échelle de corde mais la deuxième équipe a finalement été obligée d'utiliser plutôt une miniature à Pinewood[2]. L'extérieur du quartier-général de Drax se trouvant dans la forêt amazonienne, près des chutes, a en fait été filmé dans les ruines mayas de Tikal, au Guatemala. L'intérieur de la pyramide, en revanche, a été conçu par Ken Adam dans un studio français où il a volontairement utilisé un revêtement brillant pour donner aux murs un aspect plastique et factice. Contrairement aux requins qui ont menacé Sean Connery sur le tournage de Opération Tonnerre (1965), les pythons de Drax n'attaquaient pas les cascadeurs et tentaient de sortir de l'eau le plus vite possible car elle était trop froide pour leur confort. Toutes les scènes du centre spatial ont été tournées dans le Vehicle Assembly Building du Kennedy Space Center, en Floride, bien que certaines des premières scènes de l'usine d'assemblage du Moonraker aient été tournées sur place, à l'usine Rockwell International de Palmdale, en Californie. Le manoir de Drax, situé en Californie dans le film, était en réalité représenté par le Château de Vaux-le-Vicomte, à environ 55 kilomètres au sud-est de Paris, pour les extérieurs et le Grand Salon. Les autres intérieurs, dont certaines scènes avec Corinne Dufour et le salon, ont été tournés au château de Guermantes. Toutefois, la scène de rencontre entre Bond et Holly Goodhead a été tournée au cinquième étage du Centre Pompidou, à Paris[2].

La scène de l'affrontement entre Bond et Chang comme elle est montrée dans le film.

La scène de l'affrontement entre Bond et Chang dans le musée a été tournée dans un studio parisien[2] et détenait à l'époque le record de la plus grande quantité de verre en sucre brisée. Le combat a débuté sur la place Saint-Marc, qui réapparaîtra des années plus tard dans Casino Royale. La séquence du pré-générique dans laquelle Bond affronte Requin et le pilote du jet Apollo en chute libre a nécessité 88 sauts (chacun d'eux donnant des plans d'environ trois secondes[4]) et les trois acteurs ont été doublés respectivement par les cascadeurs Jake Lombard, Ron Luginbill et B.J. Worth.

Sortie[]

L'avant-première mondiale de Moonraker a eu lieu le 26 juin 1979 à l'Odeon Leicester Square de Londres. Il a rapporté 14 744 718 $ à sa première semaine d'exploitation en salles. En France, le film est sorti le 10 octobre 1979. Il a totalisé 3 171 274 entrées dont 824 147 à Paris[1].

Médias[]

Photos[]

Vidéos[]

Notes[]

  • Dans ce film, James Bond ne tire qu'une seule fois dans une arme à feu, lorsqu'il abat l'assassin dans l'arbre lors de la scène de chasse.
  • Ce film est le seul dans lequel Bond n'apparaît jamais avec son Walther PPK ou avec une autre arme de poing de façon régulière.
  • C'est également la quatrième fois que le bureau de M est déplacé dans un cadre inhabituel. Il a également été transféré à bord du HMS Tenby, un sous-marin de la Royal Navy, dans On ne vit que deux fois, dans l'épave du RMS Queen Elizabeth dans le port de Hong Kong L'homme au pistolet d'or (1974), dans un tombeau égyptien dans L'espion qui m'aimait et dans un C-130 Hercules dans Tuer n'est pas jouer (1987).

Références[]

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