- "J’ai travaillé avec les Russes. Mon physique et mes techniques leur sont connus. Cela risque de saboter le combat de mes camarades pour la révolution mondiale et ils comptent sur moi."
- ― Necros évoquant ses antécédents.
Necros est le pseudonyme présumé d'un assassin terroriste grec[1] anciennement associé à l'Union soviétique et désormais employé par Georgi Koskov, un général du KGB secrètement corrompu, et Brad Whitaker, un trafiquant d'armes américain. C'est le principal exécutant du binôme qui leur sert tour-à-tour de tueur, d'homme de main et de garde du corps.
Un jeune homme athlétique, Necros a un physique attrayant qui dissimule le fait que c'est en réalité un tueur redoutable et discipliné. Il semble avoir pour seul vice sa dépendance à son baladeur qu'il porte souvent sur lui pour écouter de la musique rock à plein volume (et dont il se sert pour étrangler ses victimes). Implacable au corps-à-corps, Necros maîtrise les arts martiaux et peut utiliser des objets du quotidien comme armes improvisées, bien qu'il sache également se servir d'un couteau, d'une arme à feu ou d'explosifs. C'est également un bon espion/acteur capable de se fondre dans la masse malgré sa grande taille, en utilisant des déguisements ou en imitant des accents. Intimidant et sans inhibitions, il n'est loyal qu'envers Koskov et Whitaker et est de loin leur meilleur atout.
Dans le film[]
Attaque au manoir[]
- "Est-ce que nous sommes la risée des services secrets du monde entier ? Notre première mission d'envergure depuis des années, et on se fait souffler le type par le KGB quelques heures après son passage à l'Ouest !"
- ― Frederick Gray, ministre de la Défense
Necros exfiltrant Koskov.
Vers 1987, Necros est impliqué dans le complot de Koskov visant à monter les Britanniques et les Soviétiques les uns contre les autres. Le général soviétique joue le rôle d'un témoin innocent après avoir simulé son passage à l’Ouest et participe à un débriefing avec les services de renseignement britanniques, pendant que Necros est chargé de "l'enlever" et de faire porter le chapeau au KGB. Se faisant d'abord passer pour un jogger américain, l'assassin tue un laitier innocent avec son baladeur et utilise les vêtements de sa victime pour accéder au manoir où Koskov est détenu. Il étrangle ensuite un chef cuisinier et cache son corps dans un congélateur mais un agent déguisé en majordome le prend en flagrant délit et un combat s'engage. Après avoir assommé son assaillant avec une poêle à frire, Necros vole sa radio et ordonne l'évacuation immédiate du bâtiment en faisant croire à une fuite de gaz. Le Grec neutralise ensuite d'autres agents qui tentaient de l'appréhender avec des grenades ressemblant à des bouteilles de lait et emmène Koskov dans un hélicoptère en se faisant passer pour un infirmier, laissant les services secrets britanniques humiliés.
Conspiration contre Pushkin et les Britanniques[]
- "Je ne l'ai pas tué, moi. C’est Bond."
- ― Necros rapportant la "mort" de Pushkin.
Necros fomentant un plan avec Koskov et Whitaker.
Alors que Necros et Koskov prennent du repos à la villa marocaine de Whitaker, ce dernier les informe que leur ancien associé du KGB, Leonid Pushkin, a annulé un contrat d'armement qu'ils ont conclu avec les Soviétiques et exige d'être remboursé. Whitaker compte ainsi faire tuer Pushkin par Necros mais le gros bras craint que les Soviétiques ne puissent l'identifier s'il se charge de cette tâche. Le trio convient donc de continuer à manipuler les Britanniques pour pousser un de leurs agents, James Bond, à tuer le général.
Le lendemain soir, Necros se fait passer pour un vendeur de ballons au parc d'attractions du Prater, à Vienne, en Autriche, et s'apprête à tuer Saunders, un collègue de 007, en incriminant Pushkin. Entretemps, Bond remarque l'assassin et semble se méfier de lui en le voyant porter son baladeur (qu'un employé ordinaire n’est pas censé avoir pour pouvoir être concentré dans son travail). Cela n'empêche toutefois pas Necros de tuer Saunders ; ayant piégé les portes automatiques du café où ce dernier rencontre Bond avec un dispositif explosif, il fait en sorte que les portes se referment violemment sur l'agent, le broyant sous les yeux impuissants de Bond. Le meurtrier laisse alors un ballon portant l'inscription "Smiert Spionam" (en référence à une opération soviétique avortée) pour faire porter le chapeau à Pushkin.
Necros sur le point de tuer Pushkin.
Necros réapparaît ensuite à Tanger et comme Bond s'obstine à épargner Pushkin, il a l'ordre de tuer le chef du KGB pendant qu'il tient un discours lors d'une convention commerciale, malgré ses préoccupations initiales. Toutefois, au moment où le tueur (déguisé en éclairagiste) allait presser la détente, Bond "assassine" Pushkin à sa place et tire sur sa lumière afin de pouvoir s'enfuir. Ignorant qu'il s’agit d'une mise en scène, Necros retourne à la villa de Whitaker et les antagonistes fêtent leur "succès". Le séide aide finalement Koskov et sa petite-amie Kara Milovy à enlever Bond, le dignitaire du KGB comptant faire emprisonner l'espion ainsi que Kara en Afghanistan pour avoir "tué" Pushkin.
Duel en Afghanistan et mort[]
Necros continue d'accompagner Koskov en Afghanistan, où le contrebandier compte acheter de l'opium à la confrérie des guépards des neiges et vendre des armes aux Soviétiques. Néanmoins, le duo ne se doute pas que Bond s'est échappé de sa prison (au même titre que Kara) et amorce une bombe dans l'avion-cargo où se trouve la drogue. Necros et Koskov finissent cependant par le reconnaître et l'agent britannique n'a d'autre choix que de se barricader dans l'avion pendant que ses alliés afghans (dirigés par Kamran Shah) engagent les troupes de Koskov dans une fusillade à la base aérienne soviétique où ils se trouvent. 007 profite du chaos pour fuir vers une piste de décollage aux commandes de l’avion, emportant sa précieuse cargaison. Alors que Kara tente de rejoindre le commander, Necros et Koskov poursuivent la violoncelliste dans une Jeep équipée d'une mitrailleuse mais ne peuvent empêcher la jeune femme de monter à bord de l’avion. Necros réussit malgré tout à se faufiler dans la soute de l'appareil pendant que Koskov survit à une collision frontale avec un avion arrivant à contresens.
Necros affrontant Bond.
Lorsque Bond se rend dans la soute de l'avion pour désamorcer la bombe qu'il a caché, Necros l'attaque avec un filet de cargaison et un affrontement s'engage entre les deux espions. Ils se retrouvent suspendus au filet contenant les sacs d'opium et se battent continuellement au-dessus du vide. Bond se sert finalement du couteau du tueur pour trouer le filet, envoyant voler les sacs d'opium autour d'eux. Alors que Necros saisit sa botte en plaidant pour sa vie, Bond, résolu à venger la mort de Saunders, coupe ses lacets, expédiant son ennemi dans le vide avec sa botte à la main, ce qui lui permet de remonter dans l'avion et de désamorcer la bombe à temps.
Production[]
Necros est l'antagoniste secondaire dans le film de James Bond de 1987 Tuer n'est pas jouer, le quinzième volet de la série d'EON Productions. Il a été interprété par l'acteur et ancien danseur allemand Andreas Wisniewski, qui a été doublé par l'acteur et scénariste canadien Kerry Shale dans la version originale et par l'acteur, chanteur et directeur artistique Jean-Pierre Denys dans la version française.
Bien que ce soit un personnage original créé pour le film, Necros a peut-être été inspiré par Simon Le Bon, le chanteur du groupe Duran Duran, qui avait une apparence très similaire dans le clip vidéo de la chanson A View to a Kill (avec des cheveux blonds, un chapeau et une chaîne stéréo). De plus, comme Necros, Le Bon pouvait déclencher des explosions avec des commandes de sa stéréo dans le clip.
La description de Necros dans le scénario correspondait à l'apparence d'Andreas Wisniewski[3]. L'acteur s'est servi de ses talents de danseur pour exécuter ses scènes de combat. Il a accidentellement assommé le cascadeur Bill Weston, qui jouait l'agent que le tueur affronte dans la cuisine du manoir. Weston s'est également cassé un doigt en filmant la scène de combat chorégraphiée[3].
Durant le tournage de l'affrontement décisif entre Necros et Bond sur le filet de l'avion-cargo, les deux ennemis étaient doublés respectivement par les cascadeurs Jake Lombard et B.J. Worth. Le réalisateur John Glen a rapporté : "Nous avions un homme en renfort dans l'avion. Si un cascadeur tombait, celui-ci sauterait aussitôt, rattraperait en chute libre l'homme qui avait perdu connaissance et déploierait des parachutes dissimulés"[4].
Images[]
Notes[]
- Durant le film, Necros a utilisé un total de cinq déguisements (et deux fois celui d'ambulancier/infirmier) et a parlé avec quatre accents différents durant ses missions d'assassinat.
- La musique que Necros écoute dans son baladeur est "Where Has Everybody Gone?" du groupe The Pretenders et la mélodie de la chanson est souvent utilisée dans la bande son pour accompagner le tueur durant les scènes d'action. The Pretenders a également interprété la chanson "If There Was A Man", entendue durant le générique de fin[5].
- Necros est très similaire à Red Grant de Bons baisers de Russie (1963) : ce sont tous deux des assassins blonds, robustes et athlétiques, notables pour étrangler leurs victimes avec une arme inhabituelle (le baladeur de Necros / la montre-garrot de Grant). Ce sont tous deux les principaux exécutants d'un plan visant à monter les Britanniques contre les Soviétiques et la principale menace physique à laquelle est opposé Bond dans leurs films. Ils ont aussi tous deux éliminé un des plus proches alliés du commander (respectivement Saunders et Ali Kerim Bey) avant d'être eux-mêmes tués par 007 lors d'un combat sur un véhicule en mouvement. Necros est donc l'un des quelques sbires de la saga à avoir été influencé par Grant[2], avec Hans, Peter Franks, Erich Kriegler et Stamper.
- La mort de Necros est similaire à celle de Gobinda dans Octopussy (1983) : ils ont tous deux affronté Bond sur un avion en plein vol et ont été précipités dans le vide par ce dernier en poussant exactement le même cri. La différence est que Necros a fait preuve d'arrogance en ayant combattu Bond au mépris de sa propre sécurité, alors que Gobinda s'est montré réticent à se battre sur un avion en vol.
Références[]
- ↑ 1,0 et 1,1 Le scénario décrit Necros comme un "assassin terroriste grec". De plus, "Necros" est le mot grec pour "mort".
- ↑ 2,0 et 2,1 Rubin, Steven Jay (2020). The James Bond Movie Encyclopedia. Contemporary Books. ISBN 1641600829
- ↑ 3,0 et 3,1 https://bondlocations.com/2020/12/06/interview-with-andreas-wisniewski/
- ↑ Evin, Guillaume (2015). James Bond: L'encyclopédie 007. ISBN 275562227X
- ↑ Burlingame, Jon (2012). The Music of James Bond. Oxford: Oxford University Press. ISBN 0199358850











