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On ne vit que deux fois (You Only Live Twice en version originale) est un roman d'espionnage de l'écrivain britannique Ian Fleming paru pour la première fois au Royaume-Uni en 1964. C'est le douzième titre de la série de James Bond.
L'histoire commence huit mois après le meurtre de Tracy Bond, survenu à la fin du roman précédent, Au service secret de Sa Majesté. James Bond boit et joue beaucoup, et commet des erreurs dans ses missions lorsque, en dernier recours, il est envoyé au Japon pour une mission semi-diplomatique. Sur place, il est mis au défi par le chef des services secrets japonais Tigre Tanaka de tuer le Dr. Guntram Shatterhand. Bond réalise que Shatterhand n'est autre que son ennemi juré, Ernst Stavro Blofeld, et se lance dans une mission de vengeance pour le tuer avec sa compagne, Irma Bunt.
Le roman traite sur un plan personnel du changement de Bond, qui passe d'un homme déprimé en deuil à un homme d'action déterminé à se venger, puis à un amnésique vivant comme un pêcheur japonais. À travers ses personnages, Fleming examine également le déclin de la puissance et de l'influence britannique après la Seconde Guerre mondiale, notamment par rapport aux États-Unis. Le livre a été populaire auprès du public, les précommandes au Royaume-Uni s'élevant à 62 000 exemplaires ; les critiques ont toutefois été plus discrets dans leurs réactions, délivrant généralement des avis mitigés sur le roman.
En 1967, le roman est devenu le cinquième épisode de la série de films James Bond d'EON Productions, avec Sean Connery dans le rôle de Bond. Des éléments du livre ont également été utilisés des années plus tard dans le film de 2021 Mourir peut attendre[1].
Synopsis[]
Après le meurtre de sa femme, Tracy, le jour de leur mariage, James Bond commence à laisser aller sa vie, buvant et jouant beaucoup, faisant des erreurs et arrivant en retard au travail. Son supérieur au sein des services secrets, M, avait prévu de renvoyer Bond, mais décide de lui donner une dernière chance de se racheter en l'affectant à la branche diplomatique de l'organisation. Bond reçoit alors le numéro 7777 et se voit confier une mission "impossible" : convaincre le chef des services secrets japonais, Tigre Tanaka, de donner à la Grande-Bretagne des informations provenant de transmissions radio captées en Union soviétique, sous le nom de code Magic 44. En échange, les services secrets permettront aux Japonais d'accéder à l'une de leurs propres sources d'information.
Bond est présenté à Tanaka - et est initié au mode de vie japonais - par un officier de renseignement australien, Dikko Henderson. Lorsque Bond évoque l'objet de sa mission avec Tanaka, il s'avère que les Japonais ont déjà pénétré la source d'information britannique et que Bond n'a plus rien à négocier. Au lieu de cela, Tanaka demande à Bond de tuer le Dr Guntram Shatterhand, qui gère un "Jardin de la mort" politiquement embarrassant dans un ancien château reconstruit sur l'île de Kyushu ; les gens y affluent pour se suicider. Après avoir examiné des photos de Shatterhand et de sa femme, Bond découvre que le couple est en fait les assassins de Tracy, Ernst Stavro Blofeld et Irma Bunt. Bond accepte volontiers la mission, gardant secrète sa connaissance de l'identité de Blofeld afin de pouvoir venger la mort de sa femme. Maquillé et entraîné par Tanaka, et aidé par l'ancienne star de cinéma japonaise Kissy Suzuki, Bond tente de vivre et de penser comme un mineur de charbon japonais muet afin de pénétrer dans le château de Shatterhand. Tanaka rebaptise Bond "Taro Todoroki" pour la mission.
Bond affrontant Blofeld.
Après s'être infiltré dans le Jardin de la Mort et le château où Blofeld passe son temps habillé en guerrier samouraï pour se protéger du poison des plantes, Bond est capturé et Bunt l'identifie comme un agent secret britannique et non comme un mineur de charbon japonais. Après avoir survécu à une quasi-exécution, Bond se venge de Blofeld lors d'un duel, Blofeld étant armé d'un sabre et Bond d'un bâton en bois. Bond finit par tuer Blofeld en l'étranglant à mains nues dans un accès de rage violente, puis fait exploser le château. En s'échappant, il se blesse à la tête et devient amnésique. Il vit désormais comme un pêcheur japonais avec Kissy, tandis que le reste du monde le croit mort ; sa nécrologie est publiée dans les journaux.
Alors que la santé de Bond s'améliore, Kissy lui cache sa véritable identité afin de le garder auprès d'elle pour toujours. Elle finit par coucher avec Bond et tomber enceinte. Elle espère que l'espion anglais la demandera en mariage lorsqu'elle aura trouvé le bon moment pour lui annoncer sa grossesse. Bond lit des morceaux de journaux et bute sur une référence à Vladivostok, se demandant si cette ville lointaine n'est pas la clé de sa mémoire perdue ; il dit à Kissy qu'il doit se rendre en Russie pour le découvrir.
Personnages[]
- James Bond
- Tigre Tanaka
- Ernst Stavro Blofeld
- Kissy Suzuki
- Irma Bunt
- Dikko Henderson
- M
- Mary Goodnight
Écriture[]
En janvier 1963, Ian Fleming s’est rendu dans sa propriété de Goldeneye, en Jamaïque, pour écrire On ne vit que deux fois, ce qu’il a fait en l'espace de deux mois[2][3]. Vers la fin du mois de février 1963, il a écrit à son ami et rédacteur en chef William Plomer : "J'ai terminé l'Opus XII, à l'exception de deux ou trois pages, et je suis étonné de voir que le miracle a pu se répéter, c'est-à-dire 65 000 mots, et certains d'entre eux sont assez bizarres !"[4]. Le manuscrit original comptait 170 pages et, de toutes les œuvres de Fleming, c'est celle qui a connu le moins de révisions avant sa publication[2]. Après son retour en Angleterre, Fleming a révisé le manuscrit lors d'un séjour dans le Kent. Il a notamment contacté le secrétaire général du Times pour lui demander l'autorisation d'utiliser leur titre au-dessus de la nécrologie fictive de Bond ; l'affaire a été compliquée par la présence des armoiries royales, qui empêchait le Times de donner son accord à Fleming sans avoir reçu au préalable l'autorisation de la famille royale[5].
Fleming a décidé de situer l’intrigue du livre au Japon après avoir visité le pays durant trois jours en 1959, dans le cadre d'un voyage à travers le monde pour le Sunday Times[6][7]. L’écrivain était retourné au Japon en 1962 et y a passé douze jours, accompagné de deux journalistes : Hughes et Torao "Tiger" Saito[2][6]. Le livre a été écrit après la sortie du film James Bond 007 contre Dr. No (1962) et Fleming a fait évoluer la personnalité de Bond en accord avec le personnage cinématographique. Il a notamment ajouté de l’humour, donnant ainsi à Bond une attitude plus décontractée[6][8].
On ne vit que deux fois est le dernier livre achevé par Fleming avant sa mort et le dernier à avoir été publié de son vivant[2] ; il est mort cinq mois après la sortie du roman au Royaume-Uni[6].
Adaptations[]
Bandes-dessinées[]
On ne vit que deux fois a été adapté en comic trip dans le tabloïd britannique Daily Express. L'adaptation, écrite par Henry Gammidge et illustrée par John McLusky, a été publiée du 18 mai 1965 au 8 janvier 1966[9]. C'était la dernière bande-dessinée de James Bond écrite par Gammidge, tandis que McClusky a repris l'illustration de l'histoire dans les années 1980[9]. La bande-dessinée a été réimprimée par Titan Books dans le livre The James Bond Omnibus Vol. 2, publié en 2011[10]. Le roman a également fait l’objet d’une autre adaptation en comic trip dans les numéros d'avril, mai et juin 1964 du magazine Playboy, avec des illustrations de Daniel Schwartz[11][12].
Cinéma[]
On ne vit que deux fois a servi de base au film homonyme, qui est sorti en 1967 et était réalisé par Lewis Gilbert et produit par Albert R. Broccoli et Harry Saltzman. C'est le cinquième film de la série d'EON Productions et met en vedette Sean Connery dans le rôle de Bond. Le scénario du film a été écrit par Roald Dahl, un grand ami de Fleming, mais l'intrigue du film dévie fortement du livre, mettant en scène une conspiration du SPECTRE pour déclencher une troisième guerre mondiale en détournant des fusées américaines et russes depuis une base aménagée dans un volcan japonais.
Note[]
- Lorsque la première édition de On ne vit que deux fois est sortie en Allemagne de l'Ouest, elle s'intitulait James Bond chevauche le tigre.
Références[]
- ↑ https://www.youtube.com/watch?v=9z2zqaf9IwQ
- ↑ 2,0 2,1 2,2 et 2,3 Benson, Raymond (1988). The James Bond Bedside Companion. London: Boxtree Ltd. ISBN 1401102840
- ↑ Parker, Matthew (2014). Goldeneye: Where Bond was Born: Ian Fleming's Jamaica. London: Hutchinson. ISBN 009959174X
- ↑ Fleming, Fergus (2015). The Man with the Golden Typewriter: Ian Fleming's James Bond Letters. New York: Bloomsbury. ISBN 1408865505
- ↑ Lycett, Andrew (1996). Ian Fleming. London: Phoenix. ISBN 1250037980
- ↑ 6,0 6,1 6,2 et 6,3 Chancellor, Henry (2005). James Bond: The Man and His World. London: ISBN 0719568153
- ↑ Black, Jeremy (2005). The Politics of James Bond: from Fleming's Novel to the Big Screen. Lincoln, NE: University of Nebraska Press. ISBN 0275968596
- ↑ Macintyre, Ben (2008). For Your Eyes Only: Ian Fleming and James Bond. London: Bloomsbury Publishing. ISBN 1596915447
- ↑ 9,0 et 9,1 Fleming, Ian; Gammidge, Henry; McLusky, John (1988). Octopussy. London: ISBN 1785653210
- ↑ McLusky, John; Gammidge, Henry; Lawrence, Jim; Fleming, Ian; Horak, Yaroslav (2011). The James Bond Omnibus Vol. 2. London: Titan Books. ISBN 1848564325
- ↑ Lindner, Christoph (2009). The James Bond Phenomenon: A Critical Reader. Manchester: Manchester University Press. ISBN 0719065410
- ↑ Hines, Claire (2018). The Playboy and James Bond: 007, Ian Fleming and Playboy Magazine. Manchester: Manchester University Press. ISBN 0719082269
| Romans de |
|---|
| Ian Fleming Casino Royale (1953) - Vivre et laisser mourir (1954) - Moonraker (1955) - Les diamants sont éternels (1956) - Bons baisers de Russie (1957) - Docteur No (1958) - Goldfinger (1959) - Opération Tonnerre (1961) - Motel 007 (1962) - Au service secret de Sa Majesté (1963) - On ne vit que deux fois (1964) - L'homme au pistolet d'or (1965) |
| Christopher Wood James Bond, l'espion qui m'aimait (1977) - James Bond et le Moonraker (1979) |
| John Gardner Permis de tuer (1989) - GoldenEye (1995) |
| Raymond Benson Demain ne meurt jamais (1997) - Le monde ne suffit pas (1999) - Meurs un autre jour (2002) |