Grosbonnet: "[S'adressant à ses hommes] C'est ça, l'espèce de pignoufl qui te filait en ville ?"
James Bond: "Écoutez, il me semble qu'il y a méprise. Mon nom est..."
Grosbonnet: "Les noms, c'est pour les pierres tombales, mon pote !"
―M. Grosbonnet et James Bond[src]

Vivre et laisser mourir (Live and Let Die en version originale) est un film d'espionnage britannique réalisé par Guy Hamilton et sorti en 1973. Il s'agit du huitième opus de la série centrée sur l'agent du MI6 James Bond produite par Harry Saltzman et Albert R. Broccoli par l'intermédiaire de leur société EON Productions. C'est le premier des sept métrages à mettre en scène l'acteur britannique Roger Moore dans le rôle de l'espion titulaire, le précédent interprète Sean Connery ayant refusé de revenir dans la série après le précédent film, Les diamants sont éternels (1971).

Le scénario a été écrit par le scénariste et réalisateur Tom Mankiewicz et est basé sur le roman éponyme de l'écrivain et ancien espion Ian Fleming, bien qu'il comporte de nombreuses différences avec l'intrigue originale. Dans le film, Bond est chargé d'enquêter sur les meurtres de trois agents britanniques et se retrouve confronté à un trafiquant d'héroïne afro-américain connu sous le nom de M. Grosbonnet, qui se révèle être l'alter-ego du Dr. Kananga, le dictateur corrompu d'une petite île fictive dans les Caraïbes sur laquelle des pavots d'héroïne sont cultivés en secret. Le film a été influencé par l'ère de la blaxploitation des années 1970 et s'écarte donc des complots typiques des méchants mégalomanes de James Bond (qui impliquent généralement de déstabiliser des puissances mondiales) pour mettre davantage l'accent sur le trafic de drogue, une caractéristique courante dans la blaxploitation. Vivre et laisser mourir comporte aussi d'autres archétypes et clichés du genre comme des coiffures afro, des stéréotypes raciaux et des gangsters noirs. Il aborde également des sujets comme le culte vaudou, un autre thème inhabituel pour la série. En dehors de Moore, le métrage met en scène l'acteur afro-américain Yaphet Kotto dans le rôle du Dr. Kananga ainsi que l'actrice Jane Seymour dans le rôle de la voyante Solitaire et présente Julius W. Harris, Geoffrey Holder, David Hedison et Clifton James dans des rôles secondaires. Vivre et laisser mourir est également notable pour mettre en scène la première James Bond Girl afro-américaine impliquée de façon romantique avec Bond, Rosie Carver, incarnée par Gloria Hendry.

Le budget du film est estimé à 7 000 000 $ et il a rapporté plus de 180 000 000 $ aux box-office mondial. Il a reçu des critiques généralement positives, notamment en raison de la prestation de Moore, bien que les clichés raciaux soient parfois critiqués de nos jours. Sa chanson titre, écrite par Paul et Linda McCartney et interprétée par leur groupe Wings, a également été nominée pour l'Oscar de la meilleure chanson originale. Plusieurs éléments du film ont ensuite été repris dans les produits dérivés de la série, notamment le jeu de rôle sur table James Bond 007, et plusieurs personnages, notamment le Baron Samedi et Kananga, ont été ré-introduits dans des jeux-vidéos (notamment dans les modes multijoueurs) comme GoldenEye 007 (1997) et 007 Legends (2012).

Synopsis[modifier | modifier le wikicode]

Suite aux assassinats de trois agents du MI6 morts dans des circonstances mystérieuses en l'espace de 24 heures alors qu'ils surveillaient le Dr. Kananga, le dictateur de la petite île de San Monique, dans les Caraïbes, l'agent de terrain James Bond est envoyé à New York par son supérieur Miles Messervy pour y débuter une enquête. En visite aux Nations-Unies, Kananga est informé des agissements de l'agent 007 par Solitaire, sa médium qui a le don de voir le futur, et tente de faire tuer Bond en envoyant un de ses sbires éliminé son chauffeur mais le protagoniste échappe de peu à l'accident. La plaque d'immatriculation du tueur mène Bond à Harlem où il fait la rencontre de M. Grosbonnet, un trafiquant de drogue possédant la chaîne de restaurants Fillet of Soul à travers les États-Unis, mais ni le Britannnique ni la CIA ne comprennent pourquoi le gangster noir le plus puissant de New York travaille avec un politicien sans importance.

Bond rencontrant Rosie.

Après avoir échappé aux sbires de Grosbonnet avec l'aide d'un collègue de son ami Felix Leiter, Bond se rend à San Monique où il est abordé par Rosie Carver, un agent local de la CIA. Ils rencontrent un batelier allié à 007, qui les emmène près de la maison de Solitaire. Pendant ce temps, la voyante utilise ses cartes pour essayer de connaître le destin de l'agent britannique mais elle tire la carte des amoureux et décide de mentir à Kananga en prétendant avoir tiré la carte de la mort, amenant celui-ci à tendre un piège à l'enquêteur. Dans un même temps, Bond soupçonne Rosie d'être un agent double pour Kananga et cette dernière, effrayée, tente de s'échapper mais est immédiatement tuée par les hommes de Kananga. Le commandeur se fait ensuite conduire à la résidence de Solitaire et trompe la jeune femme avec un jeu de cartes de tarot empilées qui ne montrent que la carte des amoureux en lui faisant croire que leur destins sont liés et couche avec elle. Ayant perdu sa virginité et par conséquent sa capacité à prédire l'avenir, Solitaire se rend compte qu'elle sera tuée par Kananga et accepte donc à contrecœur d'accompagner 007.

Après avoir découvert des champs de pavot sur l'île, Bond et Solitaire échappent aux hommes de Kananga lancés à leur poursuite et rejoignent la Louisiane. Toutefois, les sbires de leur ennemi les piègent à un aéroport et capturent la médium alors que l'espion parvient à s'enfuir avec l'aide d'une apprentie pilote. Rejoignant Leiter, 007 se rend avec lui au restaurant Fillet of Soul de la Nouvelle-Orléans mais est capturé à nouveau lorsque son allié est appelé au téléphone. L'Anglais est à nouveau confronté par M. Grosbonnet, qui retire le masque en latex qu'il portait et se révèle être Kananga. 007 réalise alors que ce dernier cultive des champs de pavot sur San Monique en effrayant les habitants de l'île avec le culte vaudou personnifié par le prêtre Baron Samedi. En tant que Grosbonnet, Kananga projette de distribuer gratuitement l'héroïne dans ses restaurants, ce qui augmentera le nombre de toxicomanes. Il a alors l'intention de mettre d'autres trafiquants de drogue en faillite avec son cadeau, puis de facturer plus tard des prix élevés pour son héroïne afin de capitaliser sur l'énorme dépendance des toxicomanes à la drogue qu'il a cultivée.

Kananga confrontant Solitaire après avoir découvert sa trahison.

Reprochant à Solitaire d'avoir eu des relations sexuelles avec Bond et d'avoir donc perdu sa capacité à lire les cartes de tarot, Kananga livre cette dernière au Baron Samedi pour qu'elle soit sacrifiée. Il ordonne également à ses hommes menés par son bras droit Tee Hee et son subordonné Adam d'emmener 007 à une ferme cachée dans une région forestière non exploitée qui héberge des alligators et des crocodiles et dissimule son laboratoire de drogue afin que l'agent "00" soit dévoré par les reptiles. Cependant, alors que ce dernier est laissé sur un petit parterre au milieu d'un lac, il s'échappe en courant sur le dos des animaux pour se mettre en sécurité. Après avoir mis le feu au laboratoire de la ferme, il vole un hors-bord et s'échappe, poursuivi par les hommes de Kananga dirigés par Adam, ainsi que le shérif J.W. Pepper et la police d'État de Louisiane. La plupart des poursuivants sont mis hors jeu durant la course-poursuite et il parvient à s'échapper avant de rejoindre Leiter, qui l'informe que Kananga est retourné à San Monique avec Solitaire et le Baron Samedi.

Solitaire et Bond étant face à Kananga.

Se rendant sur l'île avec ses alliés, Bond installe des explosifs chronométrés dans les plantations de drogue avant d'interrompre le sacrifice vaudou et de sauver Solitaire tout en jetant le Baron Samedi dans un cercueil rempli de serpents venimeux. Bond et Solitaire s'échappent ensuite par un passage souterrain mais ils se retrouvent dans un autre repaire de Kananga, qui les capture à nouveau en leur révélant que la production de sa drogue n'est pas interrompue puisqu'il lui reste encore de gros approvisionnements d'héroïne. Faisant attacher le couple à un treuil habituellement utilisé pour charger l'héroïne sur un monorail et tente de le nourrir à ses requins après avoir blessé Bond au bras avec sa machette pour attirer les poissons. Heureusement, 007 libère Solitaire et lui-même grâce à sa montre gadgétisée conçue par Q, le quartier-maître du MI6, et affronte Kananga qu'il force à avaler une capsule à air comprimé qu'il a entretemps récupéré grâce à sa montre, faisant gonfler le dictateur avant d'exploser.

Leiter accompagne finalement Bond et Solitaire alors que les deux amants montent dans un train pour rentrer en Angleterre. Cependant, Tee Hee se fait introduire clandestinement à bord et s'introduit dans le compartiment du couple pour les éliminer mais 007 utilise un coupe-ongles pour couper les deux fils de contact qui permettent au sbire de contrôler son bras avant le défenestrer. Néanmoins, il est finalement révélé que le Baron Samedi, toujours vivant, est perché à l'avant du train et rie méchamment.

Distribution[modifier | modifier le wikicode]

Production[modifier | modifier le wikicode]

Approximativement en 1971, après avoir réalisé Les diamants sont éternels, le dernier opus de la saga 007, Guy Hamilton souhaitait fortement que ce soit le scénariste américain Tom Mankiewicz, 29 ans, qui soit chargé de la rédaction du script de Vivre et laisser mourir , qui serait adapté du roman du même nom écrit par l'écrivain et ancien espion britannique Ian Fleming dans les années 1950[1]. Un grand fan de jazz, Hamilton avait suggéré à ce que l'action du film se déroule à la Nouvelle Orléans, aux États-Unis. Mankiewicz commence alors le rédaction du script qui n'a en fin de compte que très peu de rapports avec le roman. Dans un même temps, Sean Connery se voit proposer l'extraordinaire cachet de 5 000 000 $ pour revenir dans ce film et refuse lâchement cette offre.

Vidéos[modifier | modifier le wikicode]

Notes[modifier | modifier le wikicode]

  • C'est le seul film de la franchise dans lequel Bond n'est pas visible dans le pré-générique même s'il est apparu sous la forme d'un double dans Bons baisers de Russie (1963) et d'un mannequin dans L'homme au pistolet d'or (1974). Selon certaines sources, cela se reproduira dans Mourir peut attendre (2021).
  • C'est aussi le deuxième film après James Bond 007 contre Dr. No (1962) dans lequel la résidence de Bond est montrée. Il sera suivi par 007 Spectre (2015).
  • Le personnage de Q ne fait aucune apparition dans ce film (bien qu'il soit mentionné). C'est une première dans l'histoire de la saga mais le célèbre quartier-maître sera plus tard aussi absent dans Casino Royale (2006) ainsi que dans Quantum of Solace (2008).
  • Il s'agit du film préféré de l'acteur Daniel Craig, interprète actuel de Bond, et de Sam Mendes, le réalisateur de Skyfall (2012) et 007 Spectre.

Référence[modifier | modifier le wikicode]

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